Alors mon excuse c'est: j'ai trop à faire, je vous écris dès que je peux. Mais en attendant pour ceux qui ne le savent pas, je mets tous mes status de Facebook sur un autre blog: One day I said "I'm moving to Winnipeg". C'est en anglais, mais bon, c'est des status de Facebook, donc c'est pas bein compliqué.
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dimanche 28 avril 2013
mardi 5 mars 2013
L'effet Hay River
Je dois dire que je me suis un peu blessé l'amour-propre depuis que je suis arrivée à Winnipeg. Pour comprendre pourquoi, il faut connaitre ce que j'appelle "l'effet Hay River" bien qu'il ne soit pas limité à Hay River.
A Hay River, et dans le reste des Ténos, et probablement dans d'autres petits bleds paumés du Canada, les gens aiment se dire les uns aux autres qu'ils ont beaucoup de talent. Enfin à leur face, bien sûr, car derrière leur dos, c'est une autre histoire. Mais les gens croient toujours le mieux d'eux-mêmes, alors quand ils s'entendent dire qu'ils sont très forts, ils le croient, pis quand ils entendent dire que quelqu'un a dit qu'ils sont mauvais, ils croient que c'est tout des médisances jalouses. Bertrand Russell l'avait bien dit: "L’ennui dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doutes."
Bon. Alors entre autres talents, les gens de Hay River pensent souvent chanter très bien. Euh... Ah bon? Moi je trouve pas, hein. Pis d'ailleurs ils refusent de chanter ensemble. Chacun se croit soliste. J'ai essayé plusieurs fois de recruter une chorale, il n'y avait pas moyen. D'ailleurs le travail d'équipe ne fait pas vraiment partie de leur culture, mais ça je vous l'expliquerai sur mon blog politique un de ces jours. Pour le moment, disons que Hay River chante très mal et se croit très fort, et c'est en grand partie pour ça que je suis partie. (Nan c'est même vrai ça, les raisons de mon départ, dans l'ordre chronologique de quand j'ai commencé à y penser, c'est 1) l'église luthérienne, 2) la musique, 3) l'économie.)
Alors quand j'étais à Hay River, je me pratiquais chez moi (français canadien "se pratiquer", soit "s'entraîner") dans le Highrise, personne pouvait rien me dire, je me croyais très forte. Pis d'ailleurs par rapport à Hay River, je SUIS très fort en musique vocale classique. Mais je me demandais quand-même, est-ce que je suis vraiment très forte, ou est-ce que j'ai l'effet Hay River et je me rend même pas compte à quel point je suis mauvaise? C'est bien pour ça qu'au bout d'un moment je me suis dit, marre de ces caves qui savent pas chanter, je m'en vais dans le sud pis je vais faire des leçons de chant.
Ah oui.
Alors sitôt arrivée à Winnipeg, je me suis mise aux leçons de chant. Le premier jour, pour que ma professeur de chant voie ce que je peux faire, j'ai chanté O moi babbino caro. J'étais toute contente de moi. Elle me dit "très bien, bravo, c'est une pièce très difficile, tu l'as bien fait." Bin oui, tiens, je te disais bien, que j'étais très forte.
Mais depuis la deuxième leçon, j'ai rien chanté. On ne fait aucun répertoire et même aucune étude technique, gamme, arpège, vocalise... rien. Parce que dès que je commence à chanter les échauffements, elle commence à me corriger. Hausse pas les épaules. Pis hausse pas la poitrine quand tu respires. Pis relâche ta langue pis mets de la tension dans les pommettes pis relâche tes joues pis respire à fond pis chante vers l'avant mais dans l'arrière de la bouche pis plus vertical pis tiens-toi droite pis relax t'es bin trop crispée. Hein?
Pfiou... J'en ai pris des mauvaises habitudes dans le nord. En effet, je ne me tiens pas droite. Pis je chante avec un accent. Pis ceci, et cela, et l'autre chose... Alors entre pratiquer la position et la diction et tout ça, bin on ne chante pas. Hé bin... Je me suis faite prendre à l'effet Hay River. Et moi qui croyais que j'étais bin plus maline qu'eux autres...
A Hay River, et dans le reste des Ténos, et probablement dans d'autres petits bleds paumés du Canada, les gens aiment se dire les uns aux autres qu'ils ont beaucoup de talent. Enfin à leur face, bien sûr, car derrière leur dos, c'est une autre histoire. Mais les gens croient toujours le mieux d'eux-mêmes, alors quand ils s'entendent dire qu'ils sont très forts, ils le croient, pis quand ils entendent dire que quelqu'un a dit qu'ils sont mauvais, ils croient que c'est tout des médisances jalouses. Bertrand Russell l'avait bien dit: "L’ennui dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doutes."
Bon. Alors entre autres talents, les gens de Hay River pensent souvent chanter très bien. Euh... Ah bon? Moi je trouve pas, hein. Pis d'ailleurs ils refusent de chanter ensemble. Chacun se croit soliste. J'ai essayé plusieurs fois de recruter une chorale, il n'y avait pas moyen. D'ailleurs le travail d'équipe ne fait pas vraiment partie de leur culture, mais ça je vous l'expliquerai sur mon blog politique un de ces jours. Pour le moment, disons que Hay River chante très mal et se croit très fort, et c'est en grand partie pour ça que je suis partie. (Nan c'est même vrai ça, les raisons de mon départ, dans l'ordre chronologique de quand j'ai commencé à y penser, c'est 1) l'église luthérienne, 2) la musique, 3) l'économie.)
Alors quand j'étais à Hay River, je me pratiquais chez moi (français canadien "se pratiquer", soit "s'entraîner") dans le Highrise, personne pouvait rien me dire, je me croyais très forte. Pis d'ailleurs par rapport à Hay River, je SUIS très fort en musique vocale classique. Mais je me demandais quand-même, est-ce que je suis vraiment très forte, ou est-ce que j'ai l'effet Hay River et je me rend même pas compte à quel point je suis mauvaise? C'est bien pour ça qu'au bout d'un moment je me suis dit, marre de ces caves qui savent pas chanter, je m'en vais dans le sud pis je vais faire des leçons de chant.
Ah oui.
Alors sitôt arrivée à Winnipeg, je me suis mise aux leçons de chant. Le premier jour, pour que ma professeur de chant voie ce que je peux faire, j'ai chanté O moi babbino caro. J'étais toute contente de moi. Elle me dit "très bien, bravo, c'est une pièce très difficile, tu l'as bien fait." Bin oui, tiens, je te disais bien, que j'étais très forte.
Mais depuis la deuxième leçon, j'ai rien chanté. On ne fait aucun répertoire et même aucune étude technique, gamme, arpège, vocalise... rien. Parce que dès que je commence à chanter les échauffements, elle commence à me corriger. Hausse pas les épaules. Pis hausse pas la poitrine quand tu respires. Pis relâche ta langue pis mets de la tension dans les pommettes pis relâche tes joues pis respire à fond pis chante vers l'avant mais dans l'arrière de la bouche pis plus vertical pis tiens-toi droite pis relax t'es bin trop crispée. Hein?
Pfiou... J'en ai pris des mauvaises habitudes dans le nord. En effet, je ne me tiens pas droite. Pis je chante avec un accent. Pis ceci, et cela, et l'autre chose... Alors entre pratiquer la position et la diction et tout ça, bin on ne chante pas. Hé bin... Je me suis faite prendre à l'effet Hay River. Et moi qui croyais que j'étais bin plus maline qu'eux autres...
mercredi 5 septembre 2012
mardi 17 juillet 2012
Votre correspondant se met au foot
On me demande pourquoi il ne se passe rien sur mon blog depuis un mois, alors je t'explique : je suis trop occupée, et je m'ennuie.
Bin oui, on croirait pas faire les deux à la fois, mais moi, si. Je suis douée, t'sais.
Donc d'un côté, je m'ennuie parce que j'ai pas le temps de faire les trucs qui m'intéressent moi : la lecture, la musique, la photographie, les travaux d'aiguille. Et mon jardin sur le balcon, maintenant que c'est deux plates-bandes énormes, c'est deux fois plus de plantes pour à peu près zéro travail, donc sympa, mais pas grand-chose à raconter. Bon, mes roses ont fleuri, c'est déjà ça. L'important c'est surtout de voir si elles peuvent survivre l'hiver sur le balcon. Les pivoines, par contre, non. Mais bon, les roses, c'est déjà ça.
Et de l'autre côté, j'ai trop à faire de trucs qui m'intéressent pas. Par exemple, le bénévolat dans le jardin communautaire. Parce que la communauté met un potager à la disposition des villageois qui n'en ont pas chez eux, mais d'abord le sol est très pauvre, et deuxièmement, en échange de l'espace et de l'eau offerte gratuitement par la municipalité, il faut faire au moins 10 heures de bénévolat, genre arracher les mauvaises herbes, arroser la haie de framboisiers, blah blah blah. Donc, bon, je le fais. Pis pendant que j'y suis, j'essaye de faire pousser des légumes, mais ça, c'est la haine, je te raconte pas. Les légumes, c'est une grosse galère, et en plus j'ai même pas envie de les manger. Alors aujourd'hui j'ai dû récolter des épinards puisqu'ils commençaient à monter en graine, je les ai fait revenir dans de l'huile d'olive, bon, euh, c'est pas dégueulasse, mais ç'aurait été bien plus facile de les acheter au supermarché, quand même.
A part ça dans mon potager j'ai des citrouilles, comme toujours, pis des petits pois, des choux de Bruxelles, des choux-fleurs, des oignons et des navets. Mais j'aimerais mieux avoir une poule que toute cette verdure. Les poules, c'est bon. Tiens, peut-être que quand je serai conseillère municipale ( bin oui, parce que je me présente probablement en octobre ), je demanderai qu'on crée aussi un poulailler communautaire.
Bon. Donc, jardin communautaire, la barbe. Et en plus j'ai le comité « Communauté en fleur », c'est ceuze qui m'avaient donné le prix l'année dernière pour mon balcon. Alors cette année je ne joue pas, faute de fleurs, mais ils m'ont demandé d'aider à juger. Et les juges ont un billet gratuit pour le brunch de remise des prix, qui est le meilleur repas de toute l'année, alors bien sûr j'y vais... Mais du coup ça va faire encore dix autres heures de bénévolat. Faiche, ce truc.
Un autre truc qui me gonfle c'est que à force de rendre service aux gens, ils arrêtent pas de m'appeler pour que je leur rende service. Jamais pour prendre un café ou m'inviter à leurs méchouis ou à l'anniversaire des enfants ( sympa ça, j'envoie un cadeau cher, on m'invite même pas ), mais pour leur rendre service, ça, ils ne me lâchent pas. Ils commencent sérieusement à me courir sur l'aorte, là.
A propos des enfants, je garde toujours un de mes jeunes amis autistes. Deux fois par semaine je l'emmène au foot, et les samedis, on regarde des DVD de Thomas le Train. Alors le foot, hein, très peu pour moi. Mais encore, un gosse neurotypique, tu le conduis au foot, tu reviens dans une heure, c'est pas pire. Le gosse autiste, non, parce qu'il ne peut pas comprendre un truc complexe, il faut tout lui expliquer en petits morceaux, et en plus en faisant des phrases courtes avec des mots qu'il connait. Et même comme ça, c'est pas la peine, il faut lui montrer. Et comme l'entraîneur ne peux pas faire attendre vingt gosses qui savent jouer pour un autiste qui n'y comprend rien, bin c'est moi qui lui montre tout ( genre dribbler – comme si moi, je savais dribbler ), et donc, tout ce que font les gosses, moi aussi je le fait. Tabarnaque ! Pourquoi je me mets au foot pour un gosse qui n'est même pas à moi ?
Pis je travaille mais là, bonne nouvelle, comme la direction ne fait pas rentrer l'argent, y en n'a plus, alors ils ont pris les sous pour l'entretien du véhicule de mes gages, ces petits malins, et ils me changent mes heures de 40 par semaine à 20. Haha, très marrant, nan mais tu déconnes ? Ça ne se fait pas, ça, même ici. Enfin ça se fait aux gars qui ne connaissent pas leurs droits, mais pas à moi. J'ai le droit qu'on me donne un « shortage of work » ( pas assez de travail, chômage technique, donc ), c'est-à-dire que je ne travaillerai pas du tout, ce qui est bien plus lucratif car je toucherai de nouveau l'assurance-emploi. Et je leur demande en plus 52 semaines de « recall rights » c'est-à-dire le droit de reprendre ce job quand ce sera de nouveau à temps plein. Ils n'y sont pas obligés par la loi, mais d'un côté, la présidente a peur de ce que pourrais dire d'elle, et de l'autre, le reste du comité est somme toute composé de gens de bien, donc à mon avis ça devrait réussir.
Donc en bref, j'arrête de travailler à partir du 28 juillet, je touche l'assurance-emploi, et si je ne trouve pas de meilleur job avant que celui-ci se remette en marche, je pense pouvoir y retourner. C'est pas pire... mais c'est pas sympa non plus, j'ai pas trop les moyens de faire du chômage asteure. Enfin ça va me donner plein de temps libre pour me livrer à mes projets préférés, dont la recherche d'emploi. Il y en a un très bien à Whitecourt AB, j'ai candidaté ce matin, mais bon, avec La Crise, il y a tellement de candidats par place que c'est pas la peine de faire des châteaux en Espagne. Enfin bon, chouette ! Du chômage ! Et des épinards !
Ah, tiens, une autre nouvelle, c'est qu'un de mes voisins en a assassiné deux autres le 28 juin. Alors l'accusé et le décédé, je les aimait pas, ils étaient toujours ivres et pas trop agréables, mais elle, par contre, tout le monde l'adorait, elle était gentille et travailleuse, toujours avec le sourire, on savait tous que l'accusé la battait depuis toujours mais pourtant personne n'a été en mesure de prévenir cette tragédie. Elle me manque, chaque fois que j'entre dans l'ascenseur je m'attends à l'y trouver. C'est triste.
Bon, cela dit, il faut que j'aille faire quelque chose d'autre qui m'amuse pas. Un de ces jours, je vous écrirai mes aventures de défi des livres. Tschüß!
Bin oui, on croirait pas faire les deux à la fois, mais moi, si. Je suis douée, t'sais.
Donc d'un côté, je m'ennuie parce que j'ai pas le temps de faire les trucs qui m'intéressent moi : la lecture, la musique, la photographie, les travaux d'aiguille. Et mon jardin sur le balcon, maintenant que c'est deux plates-bandes énormes, c'est deux fois plus de plantes pour à peu près zéro travail, donc sympa, mais pas grand-chose à raconter. Bon, mes roses ont fleuri, c'est déjà ça. L'important c'est surtout de voir si elles peuvent survivre l'hiver sur le balcon. Les pivoines, par contre, non. Mais bon, les roses, c'est déjà ça.
Et de l'autre côté, j'ai trop à faire de trucs qui m'intéressent pas. Par exemple, le bénévolat dans le jardin communautaire. Parce que la communauté met un potager à la disposition des villageois qui n'en ont pas chez eux, mais d'abord le sol est très pauvre, et deuxièmement, en échange de l'espace et de l'eau offerte gratuitement par la municipalité, il faut faire au moins 10 heures de bénévolat, genre arracher les mauvaises herbes, arroser la haie de framboisiers, blah blah blah. Donc, bon, je le fais. Pis pendant que j'y suis, j'essaye de faire pousser des légumes, mais ça, c'est la haine, je te raconte pas. Les légumes, c'est une grosse galère, et en plus j'ai même pas envie de les manger. Alors aujourd'hui j'ai dû récolter des épinards puisqu'ils commençaient à monter en graine, je les ai fait revenir dans de l'huile d'olive, bon, euh, c'est pas dégueulasse, mais ç'aurait été bien plus facile de les acheter au supermarché, quand même.
A part ça dans mon potager j'ai des citrouilles, comme toujours, pis des petits pois, des choux de Bruxelles, des choux-fleurs, des oignons et des navets. Mais j'aimerais mieux avoir une poule que toute cette verdure. Les poules, c'est bon. Tiens, peut-être que quand je serai conseillère municipale ( bin oui, parce que je me présente probablement en octobre ), je demanderai qu'on crée aussi un poulailler communautaire.
Bon. Donc, jardin communautaire, la barbe. Et en plus j'ai le comité « Communauté en fleur », c'est ceuze qui m'avaient donné le prix l'année dernière pour mon balcon. Alors cette année je ne joue pas, faute de fleurs, mais ils m'ont demandé d'aider à juger. Et les juges ont un billet gratuit pour le brunch de remise des prix, qui est le meilleur repas de toute l'année, alors bien sûr j'y vais... Mais du coup ça va faire encore dix autres heures de bénévolat. Faiche, ce truc.
Un autre truc qui me gonfle c'est que à force de rendre service aux gens, ils arrêtent pas de m'appeler pour que je leur rende service. Jamais pour prendre un café ou m'inviter à leurs méchouis ou à l'anniversaire des enfants ( sympa ça, j'envoie un cadeau cher, on m'invite même pas ), mais pour leur rendre service, ça, ils ne me lâchent pas. Ils commencent sérieusement à me courir sur l'aorte, là.
A propos des enfants, je garde toujours un de mes jeunes amis autistes. Deux fois par semaine je l'emmène au foot, et les samedis, on regarde des DVD de Thomas le Train. Alors le foot, hein, très peu pour moi. Mais encore, un gosse neurotypique, tu le conduis au foot, tu reviens dans une heure, c'est pas pire. Le gosse autiste, non, parce qu'il ne peut pas comprendre un truc complexe, il faut tout lui expliquer en petits morceaux, et en plus en faisant des phrases courtes avec des mots qu'il connait. Et même comme ça, c'est pas la peine, il faut lui montrer. Et comme l'entraîneur ne peux pas faire attendre vingt gosses qui savent jouer pour un autiste qui n'y comprend rien, bin c'est moi qui lui montre tout ( genre dribbler – comme si moi, je savais dribbler ), et donc, tout ce que font les gosses, moi aussi je le fait. Tabarnaque ! Pourquoi je me mets au foot pour un gosse qui n'est même pas à moi ?
Pis je travaille mais là, bonne nouvelle, comme la direction ne fait pas rentrer l'argent, y en n'a plus, alors ils ont pris les sous pour l'entretien du véhicule de mes gages, ces petits malins, et ils me changent mes heures de 40 par semaine à 20. Haha, très marrant, nan mais tu déconnes ? Ça ne se fait pas, ça, même ici. Enfin ça se fait aux gars qui ne connaissent pas leurs droits, mais pas à moi. J'ai le droit qu'on me donne un « shortage of work » ( pas assez de travail, chômage technique, donc ), c'est-à-dire que je ne travaillerai pas du tout, ce qui est bien plus lucratif car je toucherai de nouveau l'assurance-emploi. Et je leur demande en plus 52 semaines de « recall rights » c'est-à-dire le droit de reprendre ce job quand ce sera de nouveau à temps plein. Ils n'y sont pas obligés par la loi, mais d'un côté, la présidente a peur de ce que pourrais dire d'elle, et de l'autre, le reste du comité est somme toute composé de gens de bien, donc à mon avis ça devrait réussir.
Donc en bref, j'arrête de travailler à partir du 28 juillet, je touche l'assurance-emploi, et si je ne trouve pas de meilleur job avant que celui-ci se remette en marche, je pense pouvoir y retourner. C'est pas pire... mais c'est pas sympa non plus, j'ai pas trop les moyens de faire du chômage asteure. Enfin ça va me donner plein de temps libre pour me livrer à mes projets préférés, dont la recherche d'emploi. Il y en a un très bien à Whitecourt AB, j'ai candidaté ce matin, mais bon, avec La Crise, il y a tellement de candidats par place que c'est pas la peine de faire des châteaux en Espagne. Enfin bon, chouette ! Du chômage ! Et des épinards !
Ah, tiens, une autre nouvelle, c'est qu'un de mes voisins en a assassiné deux autres le 28 juin. Alors l'accusé et le décédé, je les aimait pas, ils étaient toujours ivres et pas trop agréables, mais elle, par contre, tout le monde l'adorait, elle était gentille et travailleuse, toujours avec le sourire, on savait tous que l'accusé la battait depuis toujours mais pourtant personne n'a été en mesure de prévenir cette tragédie. Elle me manque, chaque fois que j'entre dans l'ascenseur je m'attends à l'y trouver. C'est triste.
Bon, cela dit, il faut que j'aille faire quelque chose d'autre qui m'amuse pas. Un de ces jours, je vous écrirai mes aventures de défi des livres. Tschüß!
mercredi 21 décembre 2011
Une année perdue
Vous avez pu remarquer que je n'écris pas beaucoup ces temps-ci. D'un côté, je n'ai pas grand-chose à dire. Les handicappés sont des gens charmants, surtout les petits autistes, mais tout est confidentiel. D'un autre côté, mon temps libre est très fragmenté, et je me couche tôt à cause du manque de lumière, alors je n'ai pas trop de temps pour écrire. Et troisièmement, je dois dire que je trouve ma vie un peu déprimante.
A 5h00 demain matin, ça fera un an que je suis rentrée de Calgary après avoir fait 97% en 1ère de charpenterie. Et à 22h00, ça fera un an que je me suis cassé le poignet. Le poignet gauche, j'entends. Le poignet droit, c'était le 10 avril. On m'a dit que ça pourrait prendre deux ans pour se remettre complètement, et en effet, ça fait encore mal quand le temps change. Donc c'est peut-être aussi bien que je ne me sois pas remise à l'ouvrage tout de suite. Mais si je ne m'étais pas blessée, ça n'aurait rien changé, car sans l'argent que me devais mon ex-patron, je n'avais pas les moyens de me rendre dans le sud pour chercher du travail.
Bon. En mars, j'ai eu l'offre de Rocanville, donc il ne paraissait plus nécessaire de chercher. Quand j'ai enfin reçu mon argent en juillet, je ne suis donc pas allée chercher du travail. J'aurais mieux fait, comme la suite l'a montré, mais je ne pouvais pas le savoir à l'époque, et il pleuvait encore.
En août, mes prestations d'assurance-emploi se sont terminées, et j'ai commencé à conduire les handicapés, grâce à l'intervention du prêtre catholique, qui aime se rendre utile, alors que les anglicans se sont contentés de prier pour que Dieu me trouve du travail. (D'ailleurs les anglicans sont convaincus que Dieu m'a trouvé ce job en réponse à leurs prières. Mais là n'est pas la question.)
Bon. J'aime bien les handicapés, et je n'aime pas le BTP en hiver, donc je me suis dit, c'est pas pire.
Ouiche.
L'ennui, c'est que je m'ennuie. Le BTP me manque. C'est ludique, c'est bien plus difficile (et bien plus lucratif) que la navette, je faisais beaucoup de progrès, et puis les gars me manquent. Je ne suis pas sexiste par principe ; les gars m'amusent simplement plus que les filles, en général. Avec les filles, il faut qu'elles soient intelligentes pour que leur conversation m'intéresse, alors qu'avec les gars, même s'ils sont vraiment pas malins, on trouve toujours quelque chose à discuter. En plus dans mon emploi, je ne peux pas sacrer, alors que j'adore ça. Et on ne joue jamais à « marry boff kill ».
Mais ce n'est pas ce qu'il y a de pire. Si ce n'était que ça, je retournerais travailler au printemps. L'ennui, en fait, c'est que mon job avec les handicapés est confortable. Les heures sont courtes, c'est pas fatiguant, je suis chez moi tous les soirs, j'ai le temps d'avoir des loisirs, et bien que ça ne rapporte pas énormément, je n'ai pas non plus à dépenser beaucoup, alors que dans le BTP il faut toujours plus d'outils, de vêtements, de bottes, de gants, sans compter le coût de voyager entre chez moi et l'ouvrage. Pis dans le BTP on travaille des heures variables et on ne sait jamais quand un projet va s'achever et quand le prochain commencera. Donc il est bien plus facile de faire un budget avec ce job-ci qu'avec le BTP.
Donc l'ennui, en fait, c'est le dilemme. Retourner travailler au printemps, ou continuer à glander à la maison ? C'est pas urgent, bien sûr, mais ça me ronge un peu. En attendant, ça me déprime de ne rien faire pendant tout ce temps alors que j'aurais dû avoir fini ma deuxième année. Et comme j'ai déjà dit, l'ouvrage me manque.
Donc voilà, vous savez tout.
A 5h00 demain matin, ça fera un an que je suis rentrée de Calgary après avoir fait 97% en 1ère de charpenterie. Et à 22h00, ça fera un an que je me suis cassé le poignet. Le poignet gauche, j'entends. Le poignet droit, c'était le 10 avril. On m'a dit que ça pourrait prendre deux ans pour se remettre complètement, et en effet, ça fait encore mal quand le temps change. Donc c'est peut-être aussi bien que je ne me sois pas remise à l'ouvrage tout de suite. Mais si je ne m'étais pas blessée, ça n'aurait rien changé, car sans l'argent que me devais mon ex-patron, je n'avais pas les moyens de me rendre dans le sud pour chercher du travail.
Bon. En mars, j'ai eu l'offre de Rocanville, donc il ne paraissait plus nécessaire de chercher. Quand j'ai enfin reçu mon argent en juillet, je ne suis donc pas allée chercher du travail. J'aurais mieux fait, comme la suite l'a montré, mais je ne pouvais pas le savoir à l'époque, et il pleuvait encore.
En août, mes prestations d'assurance-emploi se sont terminées, et j'ai commencé à conduire les handicapés, grâce à l'intervention du prêtre catholique, qui aime se rendre utile, alors que les anglicans se sont contentés de prier pour que Dieu me trouve du travail. (D'ailleurs les anglicans sont convaincus que Dieu m'a trouvé ce job en réponse à leurs prières. Mais là n'est pas la question.)
Bon. J'aime bien les handicapés, et je n'aime pas le BTP en hiver, donc je me suis dit, c'est pas pire.
Ouiche.
L'ennui, c'est que je m'ennuie. Le BTP me manque. C'est ludique, c'est bien plus difficile (et bien plus lucratif) que la navette, je faisais beaucoup de progrès, et puis les gars me manquent. Je ne suis pas sexiste par principe ; les gars m'amusent simplement plus que les filles, en général. Avec les filles, il faut qu'elles soient intelligentes pour que leur conversation m'intéresse, alors qu'avec les gars, même s'ils sont vraiment pas malins, on trouve toujours quelque chose à discuter. En plus dans mon emploi, je ne peux pas sacrer, alors que j'adore ça. Et on ne joue jamais à « marry boff kill ».
Mais ce n'est pas ce qu'il y a de pire. Si ce n'était que ça, je retournerais travailler au printemps. L'ennui, en fait, c'est que mon job avec les handicapés est confortable. Les heures sont courtes, c'est pas fatiguant, je suis chez moi tous les soirs, j'ai le temps d'avoir des loisirs, et bien que ça ne rapporte pas énormément, je n'ai pas non plus à dépenser beaucoup, alors que dans le BTP il faut toujours plus d'outils, de vêtements, de bottes, de gants, sans compter le coût de voyager entre chez moi et l'ouvrage. Pis dans le BTP on travaille des heures variables et on ne sait jamais quand un projet va s'achever et quand le prochain commencera. Donc il est bien plus facile de faire un budget avec ce job-ci qu'avec le BTP.
Donc l'ennui, en fait, c'est le dilemme. Retourner travailler au printemps, ou continuer à glander à la maison ? C'est pas urgent, bien sûr, mais ça me ronge un peu. En attendant, ça me déprime de ne rien faire pendant tout ce temps alors que j'aurais dû avoir fini ma deuxième année. Et comme j'ai déjà dit, l'ouvrage me manque.
Donc voilà, vous savez tout.
mercredi 25 mai 2011
Mon nouveau totem
On me dit souvent que je suis négative. D'un autre côté, on me dit souvent que je sais toujours trouver le bon côté des choses. Je pense que « on » trouve ce qu'on cherche, ou peut-être qu'on voit surtout son reflet. Je ne me reconnais pas beaucoup dans les descriptions de moi. Enfin là n'est pas la question ; le fait est que j'ai un long nez et je souris assez peu, alors quand j'ai vu ce quiscale bronzé avec son air gai et amical, j'ai senti avoir trouvé une âme sœur. Je pense l'adopter comme animal totem.
samedi 5 février 2011
Le blond ne me réussit pas
Avant de me teindre les cheveux, il faut d’abord les décolorer. Ça prend plus d’une heure. La couleur prend encore plus longtemps. Donc, parfois je ne fais pas les deux le même jour, et du coup je suis blonde. Comme vous voyez, ça ne me va pas du tout. Par contre ça me donne envie de me décolorer les sourcils pour pouvoir les teindre également.
Hmmmmmmmm…
dimanche 26 décembre 2010
Mon poignet va mieux
Non, je vous niaise, il est toujours cassé. Mais il fait un peu moins mal et je commence à pouvoir bouger la main, et puis j’en avais marre de me taire. D’ailleurs tout fait mal, que ce soit la lecture, le crochet, l’écriture (enfin la dactylographie), le ménage, même promener le chien (parce que je baisse la main), prendre un bain ou essayer de dormir (parce que le drap m’accroche la main). Donc après trois jours à gésir sur le canapé avec la main en l’air, tant pis, j’écris. Comme ça j’ai mal mais au moins je m’amuse.
jeudi 23 décembre 2010
Bonnes fetes etc
Je suis bien rentree chez moi, et puis je me suis casse le poignet. Alors bonnes fetes a tous, et j'ecrirai davantage quand mon poignet ira mieux.
jeudi 9 décembre 2010
Pythagorème
Pour être charpentier, il faut faire des maths. Entre autres, le théorème de Pythagore, qui nous est très utile pour vérifier que les angles supposés droits le sont vraiment. L’ennui c’est que la plupart des apprentis sont sortis du secondaire il y a dix ans ou plus, et n’étaient déjà pas forts en maths à l’époque. En plus il y en a beaucoup pour qui l’anglais est une deuxième langue. Dans ma classe, par exemple, il y a deux mexicains, un québecois, et un probablement hongrois ou croate, vu son nom. Bon. Donc ils n’ont probablement jamais entendu parler de Pythagore, encore moins de théorèmes. Alors à force de faire du soutien avec les camarades qui ont de la misère en maths, j’ai fini par me rendre compte qu’ils ne disent pas « théorème de Pythagore » (en anglais, « Pythagoras’s theorem »), mais simplement « Pythagorème ».
Ce qu’on ne dit pas aux apprentis, c’est que le théorème de Pythagore, pour les matheux, c’est surtout l’exception au théorème de Fermat. Ça serait cruel. D’ailleurs j’évite de leur en dire trop sur les maths. Par exemple, il y en a un qui m’a demandé pourquoi le volume d’un cône est πr²h / 3. Je me sens pas trop de leur enseigner le calcul intégral, alors je lui ai dit que je lui dirai quand il sera plus grand.
Par contre, j’ai essayé d’apprendre aux instructeurs à faire de la trigonométrie. Il y en avait un qui s’était mis dans la tête de réduire de moitié l’angle d’un escalier, en divisant la hauteur des marches par deux. Evidemment, ça n’avait pas marché, alors ils étaient tous avec leurs iPhones et BlackBerries à essayer de trouver une app pour ça. Donc j’ai passé une demi-heure à leur démontrer que la nouvelle hauteur va être tan (θ / 2) fois le giron. La plupart se sont éloignés discrètement. Seul le gars qui avait créé le problème a essayé de comprendre. En fin de compte il a dit qu’il captait, mais je pense qu’il me ment.
J’ai également créé un modèle en papier d’une projection orthographique que personne n’arrivait à changer en dessin isométrique, après que trois instructeurs avaient abandonné, et un quatrième essayait de le faire avec AutoCADD. Mais je l’ai fait plus vite que lui. Et puis j’ai trouvé une façon simple et efficace de faire tous les problèmes de proportions, pourcentages et leviers, que les autres gars comprennent facilement.
L’autre jour au concert de Noël de la Chorale Luthérienne de Calgary, j’ai rencontré un de mes anciens professeurs d’astrophysique. Il m’a dit se souvenir que d’après mon prof préféré, j’avais « toujours des solutions élégantes » en maths. Ce qui me parait bizarre car je me souviens clairement que je n’avais pas de solutions du tout, élégantes ou vulgaires. C’est bien pour ça que je suis charpentier et pas astrophysicienne. Mais à force d’être super nulle en maths pendant cinq ans de diplôme d’astrophysique, j’ai maintenant l’air d’un génie en maths de charpenterie.
Il me semble qu’il devrait y avoir un proverbe qui s’applique à cette situation, mais je n’arrive pas à m’en souvenir. Apparemment, mon génie ne marche que pour les maths de charpenterie.
Ce qu’on ne dit pas aux apprentis, c’est que le théorème de Pythagore, pour les matheux, c’est surtout l’exception au théorème de Fermat. Ça serait cruel. D’ailleurs j’évite de leur en dire trop sur les maths. Par exemple, il y en a un qui m’a demandé pourquoi le volume d’un cône est πr²h / 3. Je me sens pas trop de leur enseigner le calcul intégral, alors je lui ai dit que je lui dirai quand il sera plus grand.
Par contre, j’ai essayé d’apprendre aux instructeurs à faire de la trigonométrie. Il y en avait un qui s’était mis dans la tête de réduire de moitié l’angle d’un escalier, en divisant la hauteur des marches par deux. Evidemment, ça n’avait pas marché, alors ils étaient tous avec leurs iPhones et BlackBerries à essayer de trouver une app pour ça. Donc j’ai passé une demi-heure à leur démontrer que la nouvelle hauteur va être tan (θ / 2) fois le giron. La plupart se sont éloignés discrètement. Seul le gars qui avait créé le problème a essayé de comprendre. En fin de compte il a dit qu’il captait, mais je pense qu’il me ment.
J’ai également créé un modèle en papier d’une projection orthographique que personne n’arrivait à changer en dessin isométrique, après que trois instructeurs avaient abandonné, et un quatrième essayait de le faire avec AutoCADD. Mais je l’ai fait plus vite que lui. Et puis j’ai trouvé une façon simple et efficace de faire tous les problèmes de proportions, pourcentages et leviers, que les autres gars comprennent facilement.
L’autre jour au concert de Noël de la Chorale Luthérienne de Calgary, j’ai rencontré un de mes anciens professeurs d’astrophysique. Il m’a dit se souvenir que d’après mon prof préféré, j’avais « toujours des solutions élégantes » en maths. Ce qui me parait bizarre car je me souviens clairement que je n’avais pas de solutions du tout, élégantes ou vulgaires. C’est bien pour ça que je suis charpentier et pas astrophysicienne. Mais à force d’être super nulle en maths pendant cinq ans de diplôme d’astrophysique, j’ai maintenant l’air d’un génie en maths de charpenterie.
Il me semble qu’il devrait y avoir un proverbe qui s’applique à cette situation, mais je n’arrive pas à m’en souvenir. Apparemment, mon génie ne marche que pour les maths de charpenterie.
vendredi 26 novembre 2010
Les proto-fascistes
Nos études de charpenterie, ça se passe comme ceci : on achète nos livres (ou « modules »), on reçoit un calendrier d’examens, et chacun doit s’organiser pour faire les examens selon le calendrier. On est également obligé de faire six heures de présence par jour à l’école, dont trois pour l’atelier, et le reste soit pour des cours de théorie si l’instructeur décide d’en donner, soit pour l’étude des modules.
En première de charpenterie, on a treize examens sur les modules, un examen de fin de bimestre, et l’examen provincial de Qualification Technique. Les deux derniers se font la dernière semaine, donc on a sept semaines pour faire les treize examens sur les modules.
Bon.
Et puis les gars qui sont forts, on les laisse faire deux périodes de suite.
Moi j’ai fait les treize examens en trois semaines, et j’ai 97% de moyenne. Alors les instructeurs on dit, pour rire, que j’aurais dû faire première et deuxième en même temps. Ce n’est pas interdit, mais personne n’essayerait ça ; la plupart des gars ont du mal à faire une période en huit semaines. Enfin quand même, on s’est dit que je devrais au moins faire ma deuxième période au prochain tour, ce qui commencerait le 28 février, car janvier est plein et a une liste d’attente de 20 personnes (pour un total de 48 places).
Bon.
Comme je n’ai pas d’emploi en ce moment, ça paraissait être une bonne idée. Donc on a demandé à notre liaison avec le Conseil de l’Industrie et des Métiers de l’Alberta, qui supervise la formation à SAIT et autres écoles de l’Alberta. La liaison a dit que si c’était que de lui, pas de problème, on m’enverrait faire ma deuxième période quand je veux, mais que comme je suis enregistrée dans les TéNOs, il faut demander la permission du Conseil des TéNOs.
Merde.
Le Conseil des TéNOs, d’abord, ne te laisse pas aller à l’école avant d’avoir 1800 heures d’ouvrage par an. Dans l’Alberta c’est 1360, mais on n’est pas obligé de les avoir pour aller à l’école. Moi j’ai 1972 heures, donc, pas question. Deuxièmement, le Conseil des TéNOs a décidé cette année que tout le monde va à leur école, Aurora College à Fort Smith. Qui est une école de merde, vous vous en doutez bien. Pour cette année j’ai réussi à y échapper (c’est une longue histoire), mais ça ne se reproduira pas. Donc, pas moyen de faire ma deuxième période avant d’être transférée au Conseil de l’Alberta, et pour ça, il faut que je trouve un employeur dans l’Alberta qui puisse m’inscrire. Mais si j’avais un emploi, j’aurais mieux à faire que de retourner à l’école en février.
Donc, bien que je sois hyper forte et que ça paraisse logique, notre gouvernement va m’empêcher de continuer mes études tant que je dépends d’eux. C’est malin, ça, forcer le talent à partir alors qu’on dépense de l’argent pour des bêtes campagnes de pub parce qu’on n’aurait pas assez de travailleurs.
Enfin, je ne suis pas la seule, c’est une consolation. Les apprentis qui ne veulent pas aller à Fort Smith, comme moi, abandonnent soit leur métier, soit le territoire. Le gouvernement s’obstine, mais ils ont quand même dit que d’accord, on peut aller où on veut, tant qu’on leur rembourse les $5650 que ça leur coûte de nous envoyer ailleurs.
Ha.
Ça, c’est encore un mensonge. Peut-être qu’à Fort Smith ça coûte $5650 par tête, mais dans le monde civilisé, non. On ne nous donne pas le prix exact, mais on sait que pré-charpenterie c’est $4250, ça dure douze semaines, et il y a beaucoup plus d’instruction par semaine. Alors les périodes d’apprentissage, qui ne font que huit semaines avec moins d’instruction par semaine, ça m’étonnerait que ça coûte même deux tiers, soit $2833. Et encore, l’étudiant en paye $800. Donc disons qu’il en reste $2000 à rembourser d’un gouvernement à l’autre… De toute évidence, ça fait des supers économies au gouvernement des TéNOs. Alors pourquoi insistent-ils ? Pour garder cet argent dans le territoire ? Ça m’étonnerait, vu que de s’en servir pour nous donner une bonne formation, c’est la même chose, sauf que ça portera des fruits pendant des dizaines d’années. Et d’ailleurs si on a de l’argent pour « viens faire ta marque », de toute évidence garder l’argent pour les TéNOis, c’est pas une priorité.
Non, à mon avis, c’est pas pour payer cet argent aux TéNOis plutôt qu’aux Albertains ; c’est surtout pour le donner à des employés du gouvernement des TéNOs plutôt que de l’investir pour le bénéfice des contribuables TéNOis. Parce que comme vous avez pu le comprendre, le but du gouvernement des TéNOs, c’est d’enrichir le gouvernement des TéNOs, pas de servir les TéNOis.
Alors qu’est-ce que ça a à voire avec mon titre ? Et bien ça me rappelle un commentaire de Guillermo del Toro sur un de ses caractères : « c’est un proto-fasciste : il n’est pas assez intelligent pour être un vrai fasciste. »
Nous c’est pareil. Si notre gouvernement n’était pas si bête, il serait fasciste.
En première de charpenterie, on a treize examens sur les modules, un examen de fin de bimestre, et l’examen provincial de Qualification Technique. Les deux derniers se font la dernière semaine, donc on a sept semaines pour faire les treize examens sur les modules.
Bon.
Et puis les gars qui sont forts, on les laisse faire deux périodes de suite.
Moi j’ai fait les treize examens en trois semaines, et j’ai 97% de moyenne. Alors les instructeurs on dit, pour rire, que j’aurais dû faire première et deuxième en même temps. Ce n’est pas interdit, mais personne n’essayerait ça ; la plupart des gars ont du mal à faire une période en huit semaines. Enfin quand même, on s’est dit que je devrais au moins faire ma deuxième période au prochain tour, ce qui commencerait le 28 février, car janvier est plein et a une liste d’attente de 20 personnes (pour un total de 48 places).
Bon.
Comme je n’ai pas d’emploi en ce moment, ça paraissait être une bonne idée. Donc on a demandé à notre liaison avec le Conseil de l’Industrie et des Métiers de l’Alberta, qui supervise la formation à SAIT et autres écoles de l’Alberta. La liaison a dit que si c’était que de lui, pas de problème, on m’enverrait faire ma deuxième période quand je veux, mais que comme je suis enregistrée dans les TéNOs, il faut demander la permission du Conseil des TéNOs.
Merde.
Le Conseil des TéNOs, d’abord, ne te laisse pas aller à l’école avant d’avoir 1800 heures d’ouvrage par an. Dans l’Alberta c’est 1360, mais on n’est pas obligé de les avoir pour aller à l’école. Moi j’ai 1972 heures, donc, pas question. Deuxièmement, le Conseil des TéNOs a décidé cette année que tout le monde va à leur école, Aurora College à Fort Smith. Qui est une école de merde, vous vous en doutez bien. Pour cette année j’ai réussi à y échapper (c’est une longue histoire), mais ça ne se reproduira pas. Donc, pas moyen de faire ma deuxième période avant d’être transférée au Conseil de l’Alberta, et pour ça, il faut que je trouve un employeur dans l’Alberta qui puisse m’inscrire. Mais si j’avais un emploi, j’aurais mieux à faire que de retourner à l’école en février.
Donc, bien que je sois hyper forte et que ça paraisse logique, notre gouvernement va m’empêcher de continuer mes études tant que je dépends d’eux. C’est malin, ça, forcer le talent à partir alors qu’on dépense de l’argent pour des bêtes campagnes de pub parce qu’on n’aurait pas assez de travailleurs.
Enfin, je ne suis pas la seule, c’est une consolation. Les apprentis qui ne veulent pas aller à Fort Smith, comme moi, abandonnent soit leur métier, soit le territoire. Le gouvernement s’obstine, mais ils ont quand même dit que d’accord, on peut aller où on veut, tant qu’on leur rembourse les $5650 que ça leur coûte de nous envoyer ailleurs.
Ha.
Ça, c’est encore un mensonge. Peut-être qu’à Fort Smith ça coûte $5650 par tête, mais dans le monde civilisé, non. On ne nous donne pas le prix exact, mais on sait que pré-charpenterie c’est $4250, ça dure douze semaines, et il y a beaucoup plus d’instruction par semaine. Alors les périodes d’apprentissage, qui ne font que huit semaines avec moins d’instruction par semaine, ça m’étonnerait que ça coûte même deux tiers, soit $2833. Et encore, l’étudiant en paye $800. Donc disons qu’il en reste $2000 à rembourser d’un gouvernement à l’autre… De toute évidence, ça fait des supers économies au gouvernement des TéNOs. Alors pourquoi insistent-ils ? Pour garder cet argent dans le territoire ? Ça m’étonnerait, vu que de s’en servir pour nous donner une bonne formation, c’est la même chose, sauf que ça portera des fruits pendant des dizaines d’années. Et d’ailleurs si on a de l’argent pour « viens faire ta marque », de toute évidence garder l’argent pour les TéNOis, c’est pas une priorité.
Non, à mon avis, c’est pas pour payer cet argent aux TéNOis plutôt qu’aux Albertains ; c’est surtout pour le donner à des employés du gouvernement des TéNOs plutôt que de l’investir pour le bénéfice des contribuables TéNOis. Parce que comme vous avez pu le comprendre, le but du gouvernement des TéNOs, c’est d’enrichir le gouvernement des TéNOs, pas de servir les TéNOis.
Alors qu’est-ce que ça a à voire avec mon titre ? Et bien ça me rappelle un commentaire de Guillermo del Toro sur un de ses caractères : « c’est un proto-fasciste : il n’est pas assez intelligent pour être un vrai fasciste. »
Nous c’est pareil. Si notre gouvernement n’était pas si bête, il serait fasciste.
samedi 13 novembre 2010
Le vent qui rend fou
Cette arche de nuages au-dessus de la ville est un des effets du Chinook, le vent de type foehn créé par les Montagnes Rocheuses. Chez nous à Hay River, les gens se plaignent toujours du vent du lac, mais ce n’est rien comparé au Chinook. Le vent de chez nous n’apporte que de la neige et il n'est pas si violent. Le Chinook donne la migraine, aggrave les allergies respiratoires et l’insomnie, fait mal aux oreilles, dérange la digestion, rend les gens irritables, et fait pleurer ma chienne. En Californie, le même vent s’appelle le Santa Ana, mais aussi « le vent du meurtre ». On dit que quand ils soufflent, les crimes de passion augmentent sensiblement, et en Europe, les épisodes de foehn sont associés à une augmentation de 10% des suicides.
Je vous raconte ça parce que j’ai la migraine, j’arrive pas à dormir, et je suis irritable…
jeudi 14 octobre 2010
samedi 11 septembre 2010
Pas de vacances cette année
Ça fait plus d’un an que j’avais prévu de passer une semaine en France cette année pour Thanksgiving.
Et bin c’est raté.
En bref, mon patron m’a arnaquée d’à peu près $8,000, dont je devrais pouvoir récupérer… $300, grâce au conseil du droit du travail. Donc, pas de vacances cette année. Ou de loyer. Ou de médicaments.
Le prochain mongolien qui me dit qu’on devrait abolir les syndicats, je lui fous la baffe de sa vie. Moi quand j’en aurai fini avec ce maudit crosseur d’enculé de sa race de bâtard, je n’accepte plus de job non-syndiqué. (Enfin jusqu’à ce que j’aie plus d’assurance-emploi, au moins.) Ma patience a des limites, quand même.
Et bin c’est raté.
En bref, mon patron m’a arnaquée d’à peu près $8,000, dont je devrais pouvoir récupérer… $300, grâce au conseil du droit du travail. Donc, pas de vacances cette année. Ou de loyer. Ou de médicaments.
Le prochain mongolien qui me dit qu’on devrait abolir les syndicats, je lui fous la baffe de sa vie. Moi quand j’en aurai fini avec ce maudit crosseur d’enculé de sa race de bâtard, je n’accepte plus de job non-syndiqué. (Enfin jusqu’à ce que j’aie plus d’assurance-emploi, au moins.) Ma patience a des limites, quand même.
lundi 6 septembre 2010
Mon futur prédécesseur

Non, je rigole, ça m’étonnerait qu’on m’élise comme chef du Nouveau Parti Démocratique. Mais c’est le parti travailliste du Canada, ou ce qui s’en rapproche le plus… ou disons, ce qui s’en éloigne le moins, puisque le NPD a été fondé par la fusion de deux partis travaillistes à une époque où "travailliste", même au Canada, ça voulait dire qu’on compte défendre les droits des travailleurs. Le NPD est d’ailleurs membre de plein droit de l’Internationale socialiste – et donc moi aussi, puisque je cotise au NPD. Mais quant à la défense des droits du travailleur canadien, ils sont très mous. Ils sont plutôt socialistes-écolos-pacifistes que travaillistes, en fait. Et comme d’ailleurs le droit du travail est malheureusement une responsabilité provinciale et non fédérale, c’est même pas très grave.
Bon, en bref, le NPD, c’est le parti travailliste du Canada, et j’en suis membre, et là, comme vous avez pu le constater si vous êtes canadien, je m’entretiens avec Jack Layton, le chef dudit Nouveau Parti Démocratique. Dans le système parlementaire complètement non-représentatif du Canada, qui est le même que partout ailleurs dans le Commonwealth, Jack Layton est le prochain chef de l’opposition. Enfin nous l’espérons. Il y a peu de chance que la gauche gagne la prochaine élection contre les ploucs qui n’ont pas encore compris qu’Harper est un âne. Il en reste encore bien trop pour le moment, mais un autre mandat devrait faire l’affaire. Après ça ce sera comme pour les Libéraux sous Chrétien et les Conservateurs avant eux: l’électorat ne les jugera jamais sur leurs résultats, mais quand ils auront été au pouvoir assez longtemps, ils ne pourront plus faire croire que tous les problèmes sont la faute du parti précédent, et ils seront démis. Mais bon, probablement pas cette année.
Ce qu’on espère pour cette année, c’est qu’au moins nous pourrons battre les Libéraux. Parce que nous au moins, notre chef est canadien, alors que le leur, Michael Ignatieff, est américain. Et puis le nôtre il a des idées et un certain talent de meneur d’hommes, alors qu’Ignatieff… tiens, quand j’y pense, je ne le reconnaitrais même pas, Ignatieff. Je ne connais ni sa voix ni sa face. Et pourtant, la politique, ça m’intéresse plus que le canadien de base. Et puis Ignatieff s’est complètement planté aux dernières élections, et il n’a rien fait depuis, donc on voit pas pourquoi il aurait encore des voix, sauf le fait que les électeurs sont des bœufs et mettent longtemps à se rendre compte que les votes, c’est comme les sous-vêtements, il faut en changer de temps en temps.
Tout ça pour vous dire que donc, Jack Layton, chef du Nouveau Parti Démocratique et futur chef de l’opposition, était à Yellowknife pour une rencontre politique du style qu’on appelle ici "town hall meeting", c’est-à-dire que tout le monde est le bienvenu et a le droit de prendre la parole, s’il arrive à l’obtenir, pour poser des questions à l’orateur. C’est sympa, et il y a souvent à manger. Donc, Jack est venu, je l’ai rencontré, on a discuté un peu, Kevin Bradshaw (photographe à Yellowknife) a pris notre photo, et voilà. Mon heure de gloire politique.
lundi 12 juillet 2010
Pourquoi je ne suis pas photographe

On me demande parfois pourquoi je suis charpentier plutôt que photographe. Bon, c'est un gentil compliment, mais d'abord, je suis bien meilleur charpentier que photographe. (Si, si!)
Deuxièmement, pour se faire photographe "professionnel", il n'importe pas du tout d'être photographe, il faut surtout être vendeur. Et moi, je ne sais pas vendre.
Troisièmement, la plupart des photographes professionnels font surtout les mariages, les bébés, les portraits de famille... D'accord, chacun a son goût, mais moi ça ne m'intéresse pas. J'aime bien mieux passer la journée à couler du béton que de mettre un bébé dans un pot de fleurs et de laisser l'appareil faire le reste. Moi si j'étais photographe, vous avez pu le remarquer, je ferais bien sûr de la photographie animalière.
D'où quatrièmement: la photographie animalière, c'est difficile, et c'est dangereux. Parce que d'abord, il faut les trouver, les animaux, et comme je vous ai montré dans le passé, c'est pas forcément facile, même quand on sait exactement où ils sont. Et plus c'est facile à trouver, moins ça vaut d'argent. N'importe qui peut prendre une photo de son chat, mais ça ne se vent pas. Un léopard des neiges, ça se vent très cher, mais encore faut-il les trouver.
Ensuite, le danger. Dans la photo ci-dessus, une mouette de Bonaparte m'attaque pour protéger ses petits. Bon, une mouette de Bonaparte, ça pèse 200 g, donc c'est pas trop dangereux. Un bison, par contre, ça pèse une tonne, et ça a des cornes. Alors la plupart du temps je les prends en photo sans quitter ma voiture, comme ci-dessous. Et encore, ils pourraient facilement me la détruire, la voiture.

Hier, je m'étais arrêtée sur l'autoroute pour prendre des photos de grues du Canada. Je me suis garée à peu près à 100 m des grues, parce qu'elles sont très farouches, et puis avec le chien, on s'est approchées très sournoisement en longeant l'orée du bois. Dès la descente de voiture, ça sentait très fort le bison, mais bon, je me suis dit, il y a de la bouse partout, c'est ça qu'on sent.
Donc je m'approche des grues, je réussis à ne pas leur faire peur, j'en prend quelques photos pas mal réussies (encore que pas assez bonnes pour être commerciales), et puis je décide de traverser l'autoroute pour revenir à la voiture, histoire de voir s'il y a quelque chose à voir de l'autre côté.
De l'autre côté, il y avait les bisons. Toujours pas visibles - ils étaient dans les bois. Je les ai juste entendus. Quand un bison est inquiet, il fait un petit ronflement, et chaque bison qui l'entend et repère également le danger lui répond de même. Donc j'ai entendu un ronflement, puis plusieurs réponses, puis, silence. Me voici donc à 100 m de ma voiture, avec un troupeau de bisons qui savent que je suis là, et qui n'en sont pas très contents. C'est inquiétant.
Heureusement, le bison a un tempérament doux et pacifique à moins qu'on l'énerve, et en plus ils ont peur du chien, donc ils ne risquaient pas trop de s'en prendre à moi. Mais si j'étais photographe animalier au lieu de charpentier, au lieu de m'éloigner discrètement, j'aurais du aller leur casser les pieds pour prendre des photos, et ça serait nettement moins marrant. Et encore, un bison, ça aurait plus tendance à s'enfuir qu'à attaquer. Mais d'aller achaler un ours ou un puma parce que j'ai besoin d'argent pour payer mon loyer, moi, ça me tenterait pas. Je préfère mon patron caractériel, au moins lui ne peut pas m'agresser.
Donc voila. La photographie animalière, c'est sympa comme passe-temps, mais comme métier, la charpenterie est quand même plus facile et plus sécuritaire.
mercredi 19 mai 2010
La vie séduisante du charpentier, épisode 9


Voici pourquoi je n'ai pas écrit récemment. Ça fait deux semaines que je fais du coulis de carrelage. Du coulis avec sable, même. Et le sable, comme vous pouvez le constater, ça déchire les doigts. Asteure, il ne me reste que les petits doigts en à peu près bonne santé; ça ne paraît pas pouvoir être mortel, mais ça gêne vraiment pour dactylographier. Et puis pour s'habiller, se brosser les cheveux, faire la vaisselle... Avec les camarades, on a décidé que l'enfer, c'est probablement ça: un seau inépuisable de coulis avec sable.
A part ça, tout va bien.
jeudi 15 avril 2010
La vie séduisante du charpentier, épisode 7
En vitesse parce qu'il faut que je me lève de bonne heure demain pour aller travailler, y a pas de bus là où je travaille demain et pas de camarade qui puisse m'emmener, donc j'y vais à pied. 45 minutes de sommeil en moins...
Enfin, une revue des coups et blessures depuis notre dernier épisode.

Ça, c'était une chute en portant une fenêtre, le 2 février. J'ai pas vu une rallonge par terre, j'ai mis le pied dessus, et je me suis étalée à plat sur le dos. La fenêtre m'est tombé dessus et a quand même réussi à se casser. Le cadre, pas la vitre, donc c'est pas trop cher, et comme ça j'ai appris à réparer ce type de cadre. Le bleu n'a pas vraiment fait mal, par contre je me suis un peu démis l'articulation sacro-iliaque et ça, ça fait super mal. Mais je m'en suis remise.

Là c'est pour que vous voyiez mieux l'épicentre du bleu. La flèche rouge indique le bleu de la chute avec cloueur pneumatique une semaine plus tôt, et la flèche jaune, un bleu d'origine inconnue. Il faut que ce soit un peu spectaculaire pour que je sache comment c'est fait un bleu.

Ça, c'est un coup de marteau sur le pouce en clouant des bardeaux, le 19 février. Ça a fait mal pendant un moment, et puis je n'y pensais plus, et plus tard j'ai remarqué une tache noire sur mon gant bleu foncé. "Zut alors," je me dis, "j'ai du goudron sur mon gant." Et quand j'ai enlevé le gant, il y avait du sang partout. Sympa, je ne suis même pas cassé l'ongle.


Et ça c'est ma main aujourd'hui, après deux semaines à poser de l'isolant en laine de verre. Ça gratte un peu, mais à part ça c'est pas pire. Le respirateur, par contre, gratte énormément quand il se met de la fibre dessous. Et puis il faut prendre une douche froide après, parce que l'eau chaude ouvrirait les pores et permettrait donc aux fibres de s'incruster davantage.
J'adore mon boulot.
Enfin, une revue des coups et blessures depuis notre dernier épisode.

Ça, c'était une chute en portant une fenêtre, le 2 février. J'ai pas vu une rallonge par terre, j'ai mis le pied dessus, et je me suis étalée à plat sur le dos. La fenêtre m'est tombé dessus et a quand même réussi à se casser. Le cadre, pas la vitre, donc c'est pas trop cher, et comme ça j'ai appris à réparer ce type de cadre. Le bleu n'a pas vraiment fait mal, par contre je me suis un peu démis l'articulation sacro-iliaque et ça, ça fait super mal. Mais je m'en suis remise.
Là c'est pour que vous voyiez mieux l'épicentre du bleu. La flèche rouge indique le bleu de la chute avec cloueur pneumatique une semaine plus tôt, et la flèche jaune, un bleu d'origine inconnue. Il faut que ce soit un peu spectaculaire pour que je sache comment c'est fait un bleu.

Ça, c'est un coup de marteau sur le pouce en clouant des bardeaux, le 19 février. Ça a fait mal pendant un moment, et puis je n'y pensais plus, et plus tard j'ai remarqué une tache noire sur mon gant bleu foncé. "Zut alors," je me dis, "j'ai du goudron sur mon gant." Et quand j'ai enlevé le gant, il y avait du sang partout. Sympa, je ne suis même pas cassé l'ongle.


Et ça c'est ma main aujourd'hui, après deux semaines à poser de l'isolant en laine de verre. Ça gratte un peu, mais à part ça c'est pas pire. Le respirateur, par contre, gratte énormément quand il se met de la fibre dessous. Et puis il faut prendre une douche froide après, parce que l'eau chaude ouvrirait les pores et permettrait donc aux fibres de s'incruster davantage.
J'adore mon boulot.
lundi 12 avril 2010
L'homme de ma vie...

J'ai sa photo sur le mur chez moi, et ma photo avec lui. Enfin j'ai une photo de moi avec son buste sur l'allée des Cosmonautes à Moscou en 1992. Aujourd'hui, 12 avril, c'est l'anniversaire du vol de Youri Gagarine sur Vostok 3KA-2, et le Jour des Cosmonautes en Russie. Ici... personne ne le sait. Pas grave... il est allé dans l'espace tout seul, ça ne me dérange pas de célébrer son jour toute seule.
jeudi 1 avril 2010
Weekend de quatre jours!
Bon, je sais, j'ai pas beaucoup écrit récemment. J'ai été fatiguée. Mais là je rentre chez moi pour quatre jours. J'espère en revenir moins fatiguée... et bien sûr avec plein de photos. Pas d'internet jusqu'à mardi, ni ici ni Facebook, mais ne vous inquiétez pas, tout va bien.
Joyeux long weekend à tous!
Joyeux long weekend à tous!
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