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jeudi 1 novembre 2012

Le voyage qui a tout changé

Bon, ça fait quand même assez longtemps que je me demande si je devrais quitter Hay River. Un des moments qui m'ont aidée à me décider, c'était en août. Comme je ne travaillais pas, j'ai décidé de m'évader un peu. Mais je n'avais pas d'argent, alors j'ai fait savoir dans le village que je pouvais conduire des gens à et de Edmonton, à condition qu'ils payent pour l'essence.

Sitôt dit, sitôt fait, j'ai trouvé quelqu'un qui déménageait vers le sud, qui a payé l'aller, et quelqu'un qui déménageait vers le nord, qui a payé le retour. J'ai dormi une nuit dans la voiture, l'autre à l'Auberge de Jeunesse. Voilà, escapade gratuite à Edmonton! Pendant que j'y étais, je voulais faire un peu le touriste, mais toujours pas trop cher, alors j'ai décidé d'aller au Jardin Botanique Muttart. Et en chemin, je me suis dit, je prendrai des photos. Parce que chez moi j'ai un peu fait le tour des découvertes photographiques, et en plus c'est pas pratique de faire des promenades-photo avec le chien.

Alors j'ai fait une bonne promenade, de l'Auberge à l'Assemblée Législative de l'Alberta. Pis là y a eu un orage énorme avec de la grêle et tout... Zut alors. J'arrive enfin au jardin botanique sous la pluie, bon, eux c'est dans des pyramides, je pensais que la pluie ne me gênerait pas... bin si. Parce que les pyramides fuient, donc il pleut sur les cactus, pis ils n'ont pas d'éclairage artificiel, ou il n'était pas allumé. Toujours est-il que la lumière était nulle et j'ai pas trop bien réussi mes photos. Bon, je ressort, et hop, la pluie s'arrête! C'est bien ma veine. Bon bin je continue ma promenade... En tout ça m'a pris six heures. Alors voilà les photos:



Pourquoi je vous raconte ça? Bin d'un côté, parce que c'était en août, et depuis le temps, il faudrait bien que je me décide à vous montrer ces photos. Et deuxièmement, parce que depuis des années, chaque fois que j'arrive à Hay River de retour d'ailleurs, ça me fait sourire, genre "de mon petit village fumer la cheminée."

Bin là, non. Je suis arrivée tôt dans la soirée, y avait des gens qui faisaient les imbéciles partout, quelqu'un m'a accostée au supermarché pour me demander de garder ses gosses (encore!), les chantiers près de chez moi étaient encore à faire du bruit et pas de progrès... J'en ai eu marre. Tout à coup, je ne trouvais plus ça accueillant, et je ne voulais plus y être. Alors voilà, je pars... Plus que 139 ± 29 jours. Hé oui.

mardi 17 mai 2011

Incendie


La vue de mon balcon dimanche à l'heure du petit-déjeuner (5h20). Je me suis dit « c'est étrange, il est trop tôt dans l'année pour les incendies de forêt. »

Bin non. Il est un peu tôt ici, mais celui-ci est à Slave Lake, dans l'Alberta. En voiture, ça doit bien faire 700 km d'ici, mais il est énorme, alors on en respire la fumée d'ici.

mardi 7 décembre 2010

Magasiner: crisse de mieux en ligne

Chez moi, j’achète tout en ligne, sauf l’épicerie et les trucs urgents. C’est moins cher, il y a plus de choix, et on n’a pas à supporter le service à la clientèle hargneux de Hay River. D’ailleurs, à Hay River, il n’y a pas de librairie. Il y en a une à Yellowknife, mais ça m’étonnerait qu’elle soit aussi bien qu’Amazon.

Bon. Donc, depuis des années, j’achète mes livres uniquement en ligne. Et sur Amazon, si tu dépenses plus de $25 d’un coup, on te charge pas pour le transport. Donc si je cherche un livre, j’en achète toujours deux, parce que j’aime mieux avoir un livre de trop que de payer pour le transport. Mais hier, j’avais un dilemme : le livre que je cherchais coûtait $14,59, et tous les autres livres que j’aurais pu acheter comme bouche-trou coûtaient au moins $16. Et je n’avais pas envie de dépenser $30 au lieu de $25, et puis je n’arrivais pas à choisir le deuxième livre.

Tout à coup, il me vient une idée qui paraissait géniale, au départ. Je suis à Calgary, donc je pourrais me rendre dans une librairie et acheter le livre en personne. Juste un livre, pas deux. Je vérifie d’abord sur Chapters-Indigo, ils ont le même livre pour $15,19. 60 cents, c’est pas pire. Vu que c’est l’âge moderne, le site me permet de voir quelle location a ce livre en stock, et de la trouver sur la carte. Bien, c’est pas loin de l’école, je peux y aller en rentrant.

Plus facile à dire qu’à faire ! D’abord, j’ai eu du mal à la trouver, la librairie. Heureusement que les Chapters sont énormes, on les voit de loin. Bon. Je me gare, j’entre dans le magasin, c’est plein de monde. Zut alors. J’aime pas le monde. Et puis il y a de la musique, mais pas de la bonne. Alors tout de suite, je suis mal à l’aise.

Dans un magasin, il y a en général deux types de gens : ceux qui y viennent pour gagner de l’argent, et ceux qui y viennent pour en dépenser. On croirait que les premiers aideraient les seconds, mais personne ne voulait m’aider. Peut-être parce que j’étais habillée en charpentier, ils ont dû se dire que je sais pas lire. Alors je suis plantée dans l’allée principale à regarder bêtement autour de moi, espérant repérer le rayon « biographie » sans aide, et au moins trois employés me sont passé à côté pour aller aider d’autre gens, qui devaient être habillés comme des gens lettrés. Au bout d’un moment j’ai réussi à harponner quelqu’un, mais elle avait mieux à faire, donc elle me dit d’attendre deux minutes. Pendant lesquelles deux autres employés ont évité de m’aider. Après mes deux minutes, ma victime trouve le temps de me guider jusqu’à mon livre.

Ouais ! Giga ! La joie !

Bon. Je prends mon livre, je me rends à la caisse. Le gars me dit $20,99. Hein ? Tu me niaises, mon ami. Alors il me dit c’est $19,99 plus taxe. J’entends bien, mais sur le site c’était $15,19 plus taxe. « Bin oui, » il me dit, « c’est moins cher en ligne parce qu’ils n’ont pas à payer pour la surface commerciale. » Ah oui, ce livre occupe un millième de mètre cube, et tu lui alloues $4,80 de frais généraux pour « la surface commerciale ? » 32% de frais généraux ? Tu l’as vu, mon œil, ch’tit ? Bah l’est rond !

Tant pis. Je me suis donné tout ce mal, et j’ai le livre dans les mains, c’est pas la peine d’abandonner pour une histoire de $4,80. Je l’achète quand même. Et alors le caissier me demande « vous voulez un sac pour cinq cents ? »

Hein ?

D’abord, j’ai un livre. Un seul. Même si le sac était gratuit, j’ai pas besoin de sac pour UN livre. Deuxièmement, tu viens de m’arnaquer de $4,80 sous prétexte de « frais généraux », je vais pas en plus te payer pour un sac. Sur Amazon ils me donnent une boîte gratuite pour m’expédier gratuitement mon livre bien moins cher. Alors non, je ne veux pas acheter un maudit sac pour cinq cents. Ça va pas, chez eux.

Comme quoi, même dans l’Alberta, il vaut mieux magasiner en ligne quand on peut.

samedi 4 décembre 2010

La guerre des mondes


C’est un gratte-ciel en construction dans le centre-ville, mais je l’ai fait flou exprès, comme ça on dirait un énorme martien avec des antennes qui approche de l’autre côté de la colline.

samedi 20 novembre 2010

samedi 13 novembre 2010

Le vent qui rend fou


Cette arche de nuages au-dessus de la ville est un des effets du Chinook, le vent de type foehn créé par les Montagnes Rocheuses. Chez nous à Hay River, les gens se plaignent toujours du vent du lac, mais ce n’est rien comparé au Chinook. Le vent de chez nous n’apporte que de la neige et il n'est pas si violent. Le Chinook donne la migraine, aggrave les allergies respiratoires et l’insomnie, fait mal aux oreilles, dérange la digestion, rend les gens irritables, et fait pleurer ma chienne. En Californie, le même vent s’appelle le Santa Ana, mais aussi « le vent du meurtre ». On dit que quand ils soufflent, les crimes de passion augmentent sensiblement, et en Europe, les épisodes de foehn sont associés à une augmentation de 10% des suicides.

Je vous raconte ça parce que j’ai la migraine, j’arrive pas à dormir, et je suis irritable…

samedi 30 octobre 2010

Ombre pluviométrique


Ça, c’est les Montagnes Rocheuses, et entre les deux cîmes, comme vous voyez, il y a des nuages. Qui n’arriveront pas à franchir les montagnes pour venir pleuvoir ici. C’est pour ça que les Grandes Plaines sont semi-arides.

Végétation au parc de Nose Hill, 2ème épisode


Calgary: toujours en chantier


C’est bien pour ça que je vais y chercher du travail. Le gouvernement des TéNOs, dans le cadre de la campagne « viens faire ta marque », encourage maintenant les étudiants Ténois à recruter leurs camarades de classe du sud pour venir habiter dans le nord. C’est d’un bête ! Moi mes camarades de classe, justement, ça les intéresse d’aller travailler chez nous. Alors je leur donne le numéro du crétin pour qui je travaillais, et ils me demandent « il paye combien ? ». Et là tout de suite ça ne les intéresse plus du tout, parce qu’ils gagneraient 33% de moins qu’ici alors que le coût de la vie est à peu près le double. Bien sûr il y a de meilleurs employeurs chez nous. Deux. Deux bons employeurs. Enfin un bon, et un pas trop pire. Mais je vais pas donner leurs noms aux gars d’ici, évidemment… A quoi ça m’avancerait de me créer de la compétition pour les quelques emplois à peu près corrects qui existent chez moi ?

Cette semaine aux nouvelles, le gouvernement des TéNO nous a annoncé qu’ils ont découvert pourquoi leur stratégie pour augmenter le tourisme n’a pas marché. C’est qu’à force de faire de la pub dans le sud, ils ont réussi à faire venir des touristes, mais une fois rendus, les touristes n’ont rien trouvé à faire. Bin tiens, j’aurais pu te le dire, vu que moi je vis chez nous et je sais pas non plus quoi faire, à part promener mon chien. Alors « viens faire ta marque », c’est exactement pareil. Bien sûr, on peut faire venir les gens. Et après ? Qu’est-ce qu’ ils sont censés faire, les gars, une fois qu’ils arrivent chez nous ? Y a pas d’emplois, pas de logement, pas de services, tout coûte cher, et c’est plein de petits drames mesquins comme un feuilleton. Moi j’y vis parce que j’aime l’air propre, la nature, et le climat sain, mais d’y aller chercher du travail, faut être fou. C’est bien pour ça que nous autres Ténois on cherche du travail ailleurs.