Affichage des articles dont le libellé est Mes aventures. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mes aventures. Afficher tous les articles

mercredi 29 mai 2013

Quelle vie folle!

Bon ça s'arrange pas pour m'organiser pour écrire. J'ai décampé d'urgence, il y a trois semaines, de la maison de fous où j'avais atterri, et je suis maintenant dans une maison de moins-fous qui a l'avantage d'être bien plus propre et dans un quartier presque rural de Winnipeg. Il y a des cerfs partout, des écureuils énormes, des lapins minuscules, et toutes sortes d'oiseaux que je n'avais jamais vu. C'est sympa. D'un autre côté, c'est à 20 minutes de l'arrêt de bus et le bus prend 35 minutes pour aller au centre-ville où il s'arrête à 15 minutes du conservatoire. Donc 70 minutes fois deux pour aller au conservatoire, ça me complique un peu la vie.

En plus de ça, je me suis portée volontaire pour aider à entretenir le jardin de l'église, qui est à peu près aussi loin que le conservatoire. Puis je me suis mise à étudier l'urdu (langue nationale du Pakistan) par accident, alors que j'avais l'intention d'apprendre le farsi. Mais l'urdu c'est très difficile à lire parce que non seulement il n'y a pas de voyelles, mais les consonnes changent de forme selon quelles autres consonnes sont avant et après. Il y en a qui ont 25 formes. Et bien sûr elles ont des sons qui n'existent dans aucune autre langue que je connais. Alors en désespoir de cause, j'ai embauché un jeune étudiant pakistanais pour m'enseigner, et maintenant je le rencontre une fois par semaine, et ça prend plus d'une heure de bus de me rendre à l'Université du Manitoba. En plus je pense que je vais avoir l'air d'un sympathisant islamiste, à force de rencontrer régulièrement un pakistanais (d'origine pachtoune, de plus) pour parler de politique et de religion, étudier l'urdu et lui donner de l'argent. Enfin, j'ai appris à dire araignée, scorpion, politique et élections; j'ai aussi demandé comment on dit "il y a du soleil" mais ça a causé un débat car apparemment, il y a toujours du soleil au Pakistan et ils n'aiment pas ça car du coup il fait trop chaud. Donc, ils ne disent jamais qu'il y a du soleil. Bizarre, bizarre.

Dans tout ça, il faut en plus bien sûr que je travaille. Un des employés à plein temps de mon équipe a changé de job, un autre vient de demander d'être changé en mi-temps car il reprend ses études, et une part pour un mois s'occuper de sa mère qui est malade; tout ceci pendant la période la plus occupée de l'année. Alors mon chef de département voudrait que je travaille tous les jours, mais la femme des Ressources Humaines me met sur le calendrier genre deux fois par semaine. On comprend très mal. C'est bizarre comme les Ressources Humaines sont toujours nuls pour optimiser l'utilisation des ressources humaines. Donc des semaines j'ai 40 heures, d'autres 24, et l'ennui c'est que comme je ne travaille que 8 heures par nuit, j'ai du mal à me mettre au rythme de nuit, du coup c'est difficile d'organiser mes heures d'éveil pour me rendre à toutes mes activités.

Et ça ne va qu'empirer: en juillet il y a la Session d'Eté Intense de l'école du Ballet Royal; je compte bien m'y inscrire et faire ballet (de 18h05 à 19h00) et jazz (de 19h05 à 20h00) les mardis et jeudis. Entre tout ça et le printemps pourri qu'on a eu, je ne me suis pas inscrite au foot pour le printemps, et je n'aurai pas le temps pour la ligue d'été, alors il faudra attendre septembre. Et ce qui est plus triste c'est qu'il n'y a pas d'équipes de cricket pour femmes, ni même mixtes. Zut alors... J'ai vu des gars jouer au cricket sur le quadrilatère de l'Université une fois, alors si je les revois je pourrais demander à les joindre, mais d'un côté, il n'y avait pas de femmes avec eux non plus, et d'un autre, ils avaient également un ballon de foot, alors ça me parait être une version plutôt non-conformiste du cricket.

Ah oui, et aussi, y a pas l'internet à la nouvelle maison parce que le gars ne comprend pas comment se connecter à la wifi, donc j'ai bien moins le temps de glander sur les média sociaux. C'est dommage, je commençais à bien aimer Twitter.

Bon pis là il est 8h00 et il faut que je me lève à 14h00 pour aller me pratique au conservatoire, puis à la bibliothèque pour checker l'internet, puis à l'université pour ma leçon d'urdu, puis à la maison pour promener le chien, et enfin, à 22h30, à l'ouvrage. Et là j'ai pas sommeil. Zut alors.

mardi 5 mars 2013

L'effet Hay River

Je dois dire que je me suis un peu blessé l'amour-propre depuis que je suis arrivée à Winnipeg. Pour comprendre pourquoi, il faut connaitre ce que j'appelle "l'effet Hay River" bien qu'il ne soit pas limité à Hay River.

A Hay River, et dans le reste des Ténos, et probablement dans d'autres petits bleds paumés du Canada, les gens aiment se dire les uns aux autres qu'ils ont beaucoup de talent. Enfin à leur face, bien sûr, car derrière leur dos, c'est une autre histoire. Mais les gens croient toujours le mieux d'eux-mêmes, alors quand ils s'entendent dire qu'ils sont très forts, ils le croient, pis quand ils entendent dire que quelqu'un a dit qu'ils sont mauvais, ils croient que c'est tout des médisances jalouses. Bertrand Russell l'avait bien dit: "L’ennui dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doutes."

Bon. Alors entre autres talents, les gens de Hay River pensent souvent chanter très bien. Euh... Ah bon? Moi je trouve pas, hein. Pis d'ailleurs ils refusent de chanter ensemble. Chacun se croit soliste. J'ai essayé plusieurs fois de recruter une chorale, il n'y avait pas moyen. D'ailleurs le travail d'équipe ne fait pas vraiment partie de leur culture, mais ça je vous l'expliquerai sur mon blog politique un de ces jours. Pour le moment, disons que Hay River chante très mal et se croit très fort, et c'est en grand partie pour ça que je suis partie. (Nan c'est même vrai ça, les raisons de mon départ, dans l'ordre chronologique de quand j'ai commencé à y penser, c'est 1) l'église luthérienne, 2) la musique, 3) l'économie.)

Alors quand j'étais à Hay River, je me pratiquais chez moi (français canadien "se pratiquer", soit "s'entraîner") dans le Highrise, personne pouvait rien me dire, je me croyais très forte. Pis d'ailleurs par rapport à Hay River, je SUIS très fort en musique vocale classique. Mais je me demandais quand-même, est-ce que je suis vraiment très forte, ou est-ce que j'ai l'effet Hay River et je me rend même pas compte à quel point je suis mauvaise? C'est bien pour ça qu'au bout d'un moment je me suis dit, marre de ces caves qui savent pas chanter, je m'en vais dans le sud pis je vais faire des leçons de chant.

Ah oui.

Alors sitôt arrivée à Winnipeg, je me suis mise aux leçons de chant. Le premier jour, pour que ma professeur de chant voie ce que je peux faire, j'ai chanté O moi babbino caro. J'étais toute contente de moi. Elle me dit "très bien, bravo, c'est une pièce très difficile, tu l'as bien fait." Bin oui, tiens, je te disais bien, que j'étais très forte.

Mais depuis la deuxième leçon, j'ai rien chanté. On ne fait aucun répertoire et même aucune étude technique, gamme, arpège, vocalise... rien. Parce que dès que je commence à chanter les échauffements, elle commence à me corriger. Hausse pas les épaules. Pis hausse pas la poitrine quand tu respires. Pis relâche ta langue pis mets de la tension dans les pommettes pis relâche tes joues pis respire à fond pis chante vers l'avant mais dans l'arrière de la bouche pis plus vertical pis tiens-toi droite pis relax t'es bin trop crispée. Hein?

Pfiou... J'en ai pris des mauvaises habitudes dans le nord. En effet, je ne me tiens pas droite. Pis je chante avec un accent. Pis ceci, et cela, et l'autre chose... Alors entre pratiquer la position et la diction et tout ça, bin on ne chante pas. Hé bin... Je me suis faite prendre à l'effet Hay River. Et moi qui croyais que j'étais bin plus maline qu'eux autres...

jeudi 7 février 2013

Bonjour, Winnipeg!

Bonjour, blog abandonné!

Je suis rendue à Winnipeg depuis mardi dernier, 29 janvier. Mais pour commencer plus ou moins au début, ça m'a pris cinq semaines de faire mes malles, pendant lesquelles semaines j'ai découvert que ma Fnord n'est pas aussi spacieuse que je croyais, et que j'ai accumulé beaucoup de stock en cinq ans dans mon aparte de la tour. J'ai fini par abandonner quelques trucs dont mon sapin de Noël artificiel, bon le sapin c'était pas trop grave, mais comme je suis paresseuse, je n'enlève jamais les décorations, je mets le sapin entier dans la boîte... alors du coup toutes mes décorations de Noël sont parties à la poubelle. Zut alors... J'en avais que j'aimais bien.

Il n'y avait pas non plus de place pour mes plantes, mais ça c'était moins grave parce qu'au dernier moment la gamine d'une amie qui était venue voir si elle voulait les trucs que je n'emportais pas a déraciné mes deux baobabs, qui étaient dormant depuis des mois. Oh la la... C'est mal vu de mettre des baffes aux gosses des amies, mais bon, comme j'avais justement pas de place pour les baobabs, j'ai trouvé que c'était une bonne excuse pour les abandonner. C'est pas bien difficile de faire germer des baobabs, j'en aurai d'autres. Pis la copine a également emporté ma guitare (presque neuve, la guitare, ça m'a fait un peu ièche mais pareil, j'avais pas de place; ce qui est navrant c'est que si je m'en étais rendu compte plus tôt, j'aurais pu la vendre pour de l'argent au lieu de l'abandonner à une amie pauvre).

En plus il faisait un temps atroce, -27C et un vent du nord, mes doigts gelaient dès que je sortais de l'immeuble. Pis une fois que tout a été dans la voiture (enfin tout ce qui tenait), je me suis rendu compte que c'était trop lourd, les pneus arrière avaient l'air un peu aplatis, et bien sûr à 21h30 le dimanche à Hay River, pas moyen de les faire regonfler. Bin tant pis, il faudra que ça tienne au moins jusqu'au matin.

Bon. J'avais prévu de partir à 21h00. J'ai quitté l'immeuble à 21h30, je suis passée au Shell pour prendre de l'essence et du café, et voilà, je suis partie de Hay River. Pas grand-chose d'autre à dire sur ça, en fait. On croirait que j'aurais fait des discours, organisé une soirée d'adieux, un truc comme ça, bin non. Parce que d'abord, si je partais, c'est un peu beaucoup parce que j'en avais trop marre des gens de là et plus rien à leur dire, pis pendant les trois mois que ça m'a pris de me préparer à partir, ils m'ont tellement pompé l'air que j'ai fini par être bien contente de me tasser.

Le truc le plus insupportable, pendant ces trois mois, c'était de loin les gens qui continuaient à ne penser qu'à eux. Fais mes impôts! Intéresse-toi à mes problèmes! Donne-moi de l'argent! Nan mais tu la veux, la baffe? Je pars demain, pour toujours, j'ai 2400 km de route et j'ai pas fini d'emballer, et toi t'insistes à me tenir le crachoir avec des bêtes histoires de TES problèmes? C'est la dernière fois de ta vie que tu me vois et t'es encore à parler de toi? Farme ta yeule et tire-toi de devant moi, j'ai à faire.

Attends, y en a une encore mieux. La femme d'un membre du clergé, qui aime à expliquer en long et en large comment la fois où son mari était en détox, le psychiatre du centre de détox l'avait accusée, elle, d'être incroyablement narcissiste. Ouais. C'est un peu surréel, quand-même, d'écouter quelqu'un se plaindre pendant des heures qu'on l'accuse faussement de narcissisme. M'enfin bon, quand on est chez quelqu'un, faut bien prétendre écouter. Même si j'y étais pour l'étude de Bible et pas pour ses histoires de comment la cure de détox de son mari ce n'est important que parce que ça prouve qu'il la traitait mal. Enfin bon. Chez elle, passe encore. Mais quand elle me voit dans la rue, ce qui arrive souvent dans un bled de cette taille, elle commence à parler (d'elle-même, bien sûr) sans me dire bonjour ni même s'assurer d'avoir mon attention. Je vous disais-t-y pas qu'y en a qui méritent des baffes? Mais bon, le dernier jeudi avant que je m'en aille, je la vois au supermarché, je dis "bonjour, ça va", et elle me dit...

"Oui, ça va, et ton chien?"

Je rêve. Tu me demandes comment va mon chien? Nan mais t'as une fuite de gaz chez toi? C'est incroyable des gens si muffles.

Donc ouais, déjà, rien que pour ça, j'étais pas trop triste de partir, mais en plus, ça c'est su, parce que tout le monde parle de moi, alors les gens me demande "ah bon, tu pars, où ça?" Et quand je dis Winnipeg, ils se mettent tous à m'expliquer que Winnipeg, c'est la grosse dèche.

Hein? Mais tu compares à quoi, là? Parce que tu crois que Hay River, c'est moins la dèche que Winnipeg? Pis t'y as vécu combien de temps, à Winnipeg? "Moi j'y étais un jour y faisait -39 C." Ah bon, UN jour? Farme ta yeule.

Sinon y a "Winnipeg, c'est brutal." Ah bon? Comparé à quoi? Selon McLean's, Winnipeg est la 9ème ville plus dangereuse du Canada. Après Prince George, Victoria, Saskatoon, Red Deer, Regina, Grande Prairie, Kelowna and Fort Mac. Pourtant toutes ces places ont une bonne réputation, sauf peut-être Fort Mac. De plus, le taux de criminalité à Winnipeg est en baisse, alors que dans les Ténos il monte. La déviation de la moyenne canadienne est six fois plus aux Ténos qu'à Winnipeg. Dans les cinq dernières années, il y a eu quatre morts violentes dans ou devant mon immeuble; quatre personnes que je connaissais. Et chaque fois ça prend des heures de faire enlever les cadavres. Une fois j'ai été réveillée à 4h00 par la chute d'un personne du 12ème étage; bin ça a pris ONZE HEURES avant que la gendarmerie enlève son corps. C'est pas brutal, d'avoir un cadavre devant chez toi pendant onze heures?

Pis un autre truc c'est que à Hay River j'ai contribué à mettre deux gars en prison pour un total de 75 jours. J'ai eu deux collocs qui ont fait du temps pas seulement en prison mais au pénitencier. A Hay River, mon voisin vend du crack. D'ailleurs avant de vivre à Hay River, je ne savais pas reconnaitre quelqu'un qui est sous l'influence; maintenant je peux reconnaitre quelle drogue ils prennent. Alors dis-moi encore comment Winnipeg c'est pire que Hay River?

Attends mais c'est pas tout! Ils me demandent "qu'est-ce que tu vas faire, à Winnipeg?" Euh... Hein? Qu'est-ce que je fais à Hay River? Rien. Je dis à un gars, "d'abord, ils ont la meilleure troupe de ballet du Canada", et lui y me dit "ouais mais le ballet, c'est nul, non?" Ah bon? Alors je lui dis "t'as déjà vu ça, toi?" "Nan, mais c'est... mais c'est nul, non?" Ouais bin t'es natif alors je te dis qu'un chose: le ballet, c'est vachement plus difficile que la danse du cercle.

Après y a la bibliothécaire. Elle me demande ce que je vais faire, j'y dis "bin d'abord je vais me trouver une job." Et elle me dit "ah bon?" Bin oui, j'y dis, y a bien plus de jobs à Winnipeg qu'à Hay River. Alors elle me dit... "ah bon tu crois?" Nan, je crois pas, je le sais. Et alors attends, c'est encore meilleur, elle me dit "t'es bin sûre de ça?" Ça va pas chez elle.

Bon. Tout ça pour vous dire, en fin de compte, j'ai été bin contente de partir, pis je me suis pas donné la peine de dire au revoir aux gens. Ceux qui se sont donné la peine de m'inviter, je suis allée prendre un café avec, les autres, tant pis pour eux.

Et hop, je suis partie. Mais bon là ça vient de me prendre super longtemps d'écrire tout ça pis pour le voyage, c'était pas passionnant. On a beau me dire "c'est une aventure", bin ça l'est pas du tout. Vous vous rappelez quand j'ai fait Calgary – Inuvik en Toyota Corolla? Ça c'était une aventure. Hay River – Winnipeg, c'est 2400 km, mais c'est 2400 km qu'y se passe rien. Rien. Mais rien. Bon, y a eu les collines de Whitecourt, avec la Ford surchargée, ça m'inquiétait un peu, mais j'ai un moteur énorme, les 650 kg de cargo n'ont fait aucune différence.

Le gros challenge dans cette affaire c'est la traversée du Saskatchewan, que j'ai faite de nuit. Alors, ça, je vous jure, c'est digne de Felix Baumgartner et la traversée de l'Ile-de-France en RER B. Vous savez peut-être que le Saskatchewan, c'est plat. Comme on dit dans le reste du Canada, au Saskatchewan tu peux regarder ton chien s'enfuir de chez toi pendant trois jours. Mais ce qu'on sait moins c'est qu'en plus les routes n'ont ni réflecteurs, ni panneaux, ni aires de repos, ni... rien. Incroyable. 700 km de route avec RIEN pour attirer l'attention de l'automobiliste et l'aider à rester éveillé. Les pire 700 km de ma vie, de loin.

Bon enfin bref, tout ça pour vous dire que j'ai utilisé mes changement de statut Facebook, envoyés de mon perso (après m'être soigneusement garée selon la loi), pour créer une carte sur laquelle vous pouvez retracer mon parcours, comme ceci:


View Driving to Winnipeg in a larger map

Vous pouvez zoomer pour voir plus de détail et cliquer sur les panonceaux pour lire les messages. Bon, c'est en anglais, parce que je fais pas Facebook bilingue. Pis si y'a des questions j'y répondrai un autre jour parce que là j'avais prévu de me coucher tôt et à force, il est passé minuit. Alors bonne nuit à vous autres de Winnipeg!

jeudi 1 novembre 2012

Le voyage qui a tout changé

Bon, ça fait quand même assez longtemps que je me demande si je devrais quitter Hay River. Un des moments qui m'ont aidée à me décider, c'était en août. Comme je ne travaillais pas, j'ai décidé de m'évader un peu. Mais je n'avais pas d'argent, alors j'ai fait savoir dans le village que je pouvais conduire des gens à et de Edmonton, à condition qu'ils payent pour l'essence.

Sitôt dit, sitôt fait, j'ai trouvé quelqu'un qui déménageait vers le sud, qui a payé l'aller, et quelqu'un qui déménageait vers le nord, qui a payé le retour. J'ai dormi une nuit dans la voiture, l'autre à l'Auberge de Jeunesse. Voilà, escapade gratuite à Edmonton! Pendant que j'y étais, je voulais faire un peu le touriste, mais toujours pas trop cher, alors j'ai décidé d'aller au Jardin Botanique Muttart. Et en chemin, je me suis dit, je prendrai des photos. Parce que chez moi j'ai un peu fait le tour des découvertes photographiques, et en plus c'est pas pratique de faire des promenades-photo avec le chien.

Alors j'ai fait une bonne promenade, de l'Auberge à l'Assemblée Législative de l'Alberta. Pis là y a eu un orage énorme avec de la grêle et tout... Zut alors. J'arrive enfin au jardin botanique sous la pluie, bon, eux c'est dans des pyramides, je pensais que la pluie ne me gênerait pas... bin si. Parce que les pyramides fuient, donc il pleut sur les cactus, pis ils n'ont pas d'éclairage artificiel, ou il n'était pas allumé. Toujours est-il que la lumière était nulle et j'ai pas trop bien réussi mes photos. Bon, je ressort, et hop, la pluie s'arrête! C'est bien ma veine. Bon bin je continue ma promenade... En tout ça m'a pris six heures. Alors voilà les photos:



Pourquoi je vous raconte ça? Bin d'un côté, parce que c'était en août, et depuis le temps, il faudrait bien que je me décide à vous montrer ces photos. Et deuxièmement, parce que depuis des années, chaque fois que j'arrive à Hay River de retour d'ailleurs, ça me fait sourire, genre "de mon petit village fumer la cheminée."

Bin là, non. Je suis arrivée tôt dans la soirée, y avait des gens qui faisaient les imbéciles partout, quelqu'un m'a accostée au supermarché pour me demander de garder ses gosses (encore!), les chantiers près de chez moi étaient encore à faire du bruit et pas de progrès... J'en ai eu marre. Tout à coup, je ne trouvais plus ça accueillant, et je ne voulais plus y être. Alors voilà, je pars... Plus que 139 ± 29 jours. Hé oui.

mercredi 17 octobre 2012

Opération Winnipeg, Jour J – 154 ± 29

Amies françaises, amis français,

Ça fait longtemps que je vous délaisse, pour des raisons diverses dont l'ennui, la recherche d'emploi, et ma campagne électorale. Pour les mêmes raisons, une idée c'est imposée petit à petit depuis plusieurs mois : serait-il temps d'effectuer un « redéploiement stratégique » ? ( Redéploiement stratégique : terme militaire canadien grâce auquel l'armée canadienne ne fait jamais retraite – elle effectue seulement des redéploiements stratégiques.)

Bon.

Le 3 octobre, j'ai appris que je n'ai pas eu le dernier job pour lequel je candidatais. Alors je me suis dit, si je suis élue, bon, il faudra bien rester, mais sinon, je me tasse d'ici. Lundi soir, ayant perdu mon élection ( pas du tout étonnant, je présentais une plateforme socialiste dans une élection qui est plutôt au niveau « délégué de classe » ), je me suis donc enfin décidée à partir. J'aurais probablement bien fait de m'y mettre plus tôt, mais bon, l'espoir fait vivre, et comme ça fait presque neuf ans que je vis à Hay River, je m'y sentais chez moi.

Enfin, bon. Ce qui fait vivre, aussi, c'est l'argent, pis tant que j'ai un job intéressant, je m'amuse icitte, mais sans ça, y a quand même pas trop à faire pour stimuler l'esprit. Je commençais à sentir mon cerveau rétrécir à force de ne rien faire.

Mais encore... Partir, oui, mais où ? Je pensais à Whitecourt AB. C'est sur la route entre Edmonton et Hay River, donc ça fait neuf ans que je le traverse en voiture et que j'admire, entre autres, leurs belles installations industrielles. Qui embauchent en ce moment, d'ailleurs. Mais quand je me suis mise à faire mes recherches, j'ai découvert qu'il y a très peu de logement à Whitecourt ou dans les environs. Il faut chercher à Stony Plain, 150 km au sud-est, et tout près d'Edmonton. A peut-être vingt minutes de mon ancienne maison à Edmonton, en fait. Donc tant qu'à faire, autant vaudrait retourner à Edmonton même plutôt que Whitecourt.

Mais quand j'y pense, pourquoi Whitecourt ? Pourquoi l'Alberta ? Parce que je connais ? Dans le fond, c'est pas obligé. Je peux aller où je veux, en fait. N'importe où au Canada. Genre Terre-Neuve. J'ai toujours voulu visiter Terre-Neuve.

Alors je me suis mise à chercher où le coût de la vie serait le moindre, et je trouve une propagande manitobaine selon laquelle eux-autres auraient le logement le moins cher du Canada.

Tiens ?

Ah bon.

Bin c'est pas pire, ça, hein. J'ai toujours voulu voir le Manitoba. Ils ont des... Euh... Bin, je sais pas trop, en fait, mais ils ont un bon morceau de Bouclier Canadien, pis une partie de la rive de la Baie d'Hudson, dont Churchill MB, la plus grande aire de reproduction de l'ours polaire au monde. Et des villes industrielles typiques du Bouclier Canadien : Thompson, Flin-Flon, etc. Avec de l'industrie. Donc avec des emplois. Au contraire de l'Alberta, qui est de la prairie et donc cultivé à mort, le Manitoba a beaucoup d'espace incultivable, car le Bouclier Canadien n'a pas de terreau, c'est juste des cailloux, comme je vous avais montré à Yellowknife. Donc sans aller très loin des centres urbains, on trouve des endroits sauvages.

Pis comme centre urbain, au Manitoba, y a Winnipeg. Trou perdu, certes, comparé à, disons, Paris ou Berlin. Mais par rapport au reste du Canada, ils ont des trucs que je veux voir depuis des années : un grand centre de traitement de Revenu Canada ; l'Echange de Commodités de Winnipeg ; la Monnaie canadienne ; le Ballet Royal Canadien ; l'Orchestre Philharmonique de Winnipeg ; j'en passe et des meilleures. ( Nan, je rigole, c'est que ça qui me vient en tête, mais bon, ils doivent avoir plein de trucs. ) Pis c'est que 660.000 habitants, alors qu'Edmonton et Calgary en sont à plus d'un million chaque, et ça me prend un peu la tête. Et Calgary, c'est sympa, mais le Chinook ( vent d'effet Foehn, donc qui rend fou ) me rend malade et fait pleurer mon chien.

Alors je me dis, hop, je pars à Winnipeg. Mais avant de me lancer dans une aventure comme ça, il faut que je mette un peu d'argent de côté. Disons, trois mois de dépenses. Alors ici je fais du soutien en maths, je conduis un peu les dimanches, et grâce à un nouveau subside du Gouvernement des TNOs, on va me payer la moitié de mon loyer. Enfin quand ils réussiront à faire fonctionner le nouveau subside. Donc d'après mes calculs, le temps que je reçoive mon remboursement d'impôts, j'aurais assez pour partir. Le seul ennui c'est que le remboursement d'impôts est en février, et comme j'emporte mes baobabs et qu'on va dormir dans la voiture pendant une ou deux nuits ( vu que c'est presque 2500 km d'ici à Winnipeg ), il vaut mieux attendre que le temps se réchauffe un peu. Alors je me suis dit, les impôts c'est le 18 février au plus tôt, donc je ne pars pas avant ça, et le 18 avril c'est l'anniversaire de mon arrivée à Hay River, donc je veux partir pas plus tard que ça. Donc je pars le 20 mars, plus ou moins 29 jours.

Les plans pourraient encore changer, bien sûr. Peut-être que je vais trouver une destination encore plus mythique que Winnipeg. Ou trouver une raison de partir plus vite. Peut-être que j'irai vers l'ouest plutôt que l'est. Mais bon, en général, une fois que je dis quelque chose, j'ai tendance à le faire. Parfois je dis même des choses pour me forcer à les faire.

Donc, voilà. A vue de nez, il semble que je déménage à Winnipeg le 20 mars 2013, plus ou moins 29 jours. Je vous tiens au courant.

mercredi 5 septembre 2012

On doute, la nuit

Hier, votre correspondant est allée à la mairie pour se présenter aux élections municipales.

Bon.

Bon?

Pas forcément, hein. Parce que s'engager à faire un mandat de trois ans dans un bled où je n'ai pas trouvé de job à ma mesure en cinq ans, c'est peut-être pas très malin. D'un autre côté, le fait que le poste de conseiller municipal paye $750 (€577) par mois pallierait un peu audit manque de jobs. C'est $750 de plus en moins à gagner à la sueur de mon front, donc, c'est toujours ça de pris.

Et encore d'un autre côté, c'est un premier pas dans la politique qui pourrait ouvrir des portes vers des mandats plus lucratifs et plus intéressants. Conseiller municipal, bon, $9000 par an. C'est mieux que rien. Maire-adjoint c'est un peu plus, je crois $960, et pas vraiment plus de travail tant que le maire fait le sien. Député à l'assemblée territoriale, c'est dix fois plus et eux-autres ne font vraiment que dalle. Et député à la Chambre, c'est plus de $100,000 et ça, c'est vraiment intéressant. Mais il faut bien commencer quelque part; comme on dit dans l'industrie, « la seule façon de monter une échelle c'est un échelon à la fois ». Premier échelon, donc, conseiller municipal.

Encore faut-il se faire élire, ce qui n'est quand-même pas donné. J'ai un certain soutien parmi les citoyens qui pensent ; par contre je ne suis pas du tout populaire parmi la classe « c'est crès crès méchant de critiquer, tout est parfait, tout le monde est gentil, farme ta yeule ». Reste à savoir quel groupe est le plus nombreux. Et il n'est pas facile de faire campagne, surtout que j'ai pas un radis à dépenser sur ça, et en plus moi et les ventes, ça va pas trop ensemble. Il me faudrait un chef de campagne, en fait. Mais bon.

Enfin bref, étant donc entrée en lice, je me demandais toujours si c'était vraiment une bonne idée. Néanmoins le temps passe et j'ai fini par aller me coucher. Mais comme vous savez peut-être, de mon lit, je vois la porte-fenêtre, alors quand j'ai éteint la lumière, j'ai vu:






Les aurores boréales, contrairement à ce que beaucoup croient, ce n'est pas qu'en hiver, vu que ça n'a rien à voir avec la météo. C'est juste qu'on les voit mieux la nuit, et qu'il y a plus de nuit en hiver qu'en été. Mais quant à les prendre en photo, c'est bien plus pratique l'été, comme ça tu te gèles pas les doigts, les pieds, ou l'appareil-photo. Alors j'ai passé quinze minutes sur mon balcon à prendre des photos, jusqu'à ce qu'elles disparaissent. Et un truc qu'on voit pas bien dans les photos, c'est le grand-duc qui parlait tout seul dans le lointain.

Hé oui. Chaque fois que je pense avoir un pied sur le départ, quelque chose me rappelle pourquoi en fin de compte je reste toujours ici. Donc, espérons que je serai élue.

samedi 31 mars 2012

Le défi du décaf

Cet hiver, j'ai beaucoup bu de café. Bon, d'accord, vous vous en battez l'œil, mais bon, il faut bien trouver quelque chose à écrire sur son blog, non ?

Donc, j'ai beaucoup bu de café. Je me disais, c'est parce qu'il fait sombre, c'est parce que mon travail n'est pas stimulant, c'est parce que je m'ennuie, c'est parce que... Bon. Toujours est-il que je buvais de plus en plus de café. Alors début février, je me sentais vraiment mal. J'étais fatiguée, j'avais toujours mal à la tête, surtout l'après-midi. Alors je buvais du café l'après-midi, pis du coup je dormais mal, j'avais du mal à me réveiller, et il me fallait encore plus de café. Je me disais, heureusement que le café soigne mes troubles.

Bon. N'empêche que je commençais à avoir des palpitations, et ça, je le sais pour l'avoir déjà fait, c'est un signe que je prends trop de caféine. Alors un jour, le 10 février, je me suis dit, il faut que je me repose un peu du café. C'était un vendredi.

Le samedi 11 février, je n'ai pas bu de café. Du coup mon cœur allait mieux.

Le dimanche 12 février, je n'ai pas bu de café. Mon cœur allait encore mieux. Par contre j'avais tellement mal à la tête, j'ai pris cinq fois 400 mg d'ibuprofène, et ça ne m'a pas aidée.

Le lundi 13 février, je me suis renseignée sur les symptômes du manque de caféine, et en effet, le mal de tête en fait partie. Alors j'ai bu 591 ml de Coca, et hop, plus de mal de tête ! Par contre le lendemain, 14 février, j'ai dû refaire tous les symptômes de manque.

Bin zut alors... Ça veut-tu dire que je suis accro de la caféine ? Moi, accro ? Nan, je rêve !

Justement, je lisais au même moment le livre de Maté, où il explique très clairement, plusieurs fois, que la dépendance physique diffère de la toxicomanie en ceci, que le toxicomane ne peut pas contrôler son comportement et recommence à utiliser bien que ça lui fasse du mal. Alors pas de problème, moi je me contrôle, si je veux arrêter le café, hein, j'arrête le café.

Alors en fin de compte j'ai acheté une grosse bouteille de Coca, pis j'en buvais un doigt de ci de là, pour éviter d'être trop en manque physiquement. Une dose de maintien. Juste pour des raisons thérapeutiques. Les héroïnomanes ont la méthadone, moi j'ai le Coca. Hein, bon.

Bon.

Quand même, j'avais bien envie d'un café. Ou faute de café, un cookie aux pépites de café. Pourquoi ça n'existe pas, ça, d'ailleurs ? Ils en font au chocolat, au beurre de peanut, aux Smarties, alors pourquoi pas des cookies au café ? C'est bête, ça.

P'tain, j'avais envie d'un café. Alors un client me dit, « bin t'as qu'à boire du décaf ». Hein ? Maudit cave de tabarnaque, le décaf, y'a pas de caféine dedans ! Les gens sont bêtes, j'te raconte pas.

Quelqu'un d'autre, j'ai oublié qui, m'a recommandé le thé vert, parce qu'il est naturellement sans caféine et en plus plein d'antioxydants, ça combat le cancer, les rides, la faim dans le monde, c'est génial. ( Sauf que la semaine dernière quand je gardais le chien de ma copine, j'ai vu à la télé les pubs pour le thé Lipton, et c'est dégueulasse, il n'y manque que Rule Britannia. ) Alors bon, j'en achète, j'en fais une tasse... Ostie, mais c'est infect, ce truc ! Si jamais je me rappelle qui me l'a suggéré, je vous jure, il va passer un mauvais quart d'heure.

Pis une autre me dit, « c'est parce que tu bois du café pas cher, achète toi une cafetière très cher avec des filtres fais à la main par des paysans népalais, pis du café très cher, pis de l'eau distillée, ça te fera un très bon café qui te causera pas de troubles. » Oh la la... D'abord faut pas croire que plus cher, c'est mieux, hein, ça explique pourquoi elle est toujours dans le trouble financièrement, pis deuxièmement, arrête de me parler de ton café délicieux. Moi je boirais le jus qui dégouline du filtre quand on le met à la poubelle. P'tain, merde, mon royaume pour un café !

Mais bon, à part ça, je suis pas accro. Pis d'ailleurs les symptômes physiques du manque se sont vite arrêtés. Le Dr. Maté serait fier de moi.

Pendant 43 jours, je n'ai pas bu de café. J'ai un peu failli me faire virer de mon emploi pour avoir écrit des commentaires haineux sur Facebook, croyant qu'ils étaient privés, alors que malheureusement, mes ennemis pouvaient les voir et les transmettre à ma chef, qui adore écouter les ragots. Mais à part ça, tout allait bien. Je vous disais bien, je suis pas accro. Parce que moi j'ai été élevée correctement, hein, avec de la discipline et tout ça.

Le 44ème jour, c'était un dimanche, j'étais fatiguée, je devais sortir mes clients autistes, bon, je me suis dit, un café, ça va pas me faire de mal. Alors j'ai bu un café. Ostie, c'est délicieux ! J'avais oublié comment c'est délicieux, le café. Je l'ai tout bu d'un trait. J'en aurais bien repris, mais pas moyen de s'en faire un quand j'ai les gamins chez moi.

Le lundi, par contre, je me sentais mal. Fatiguée, de mauvaise humeur, marre de l'ouvrage... Alors j'ai repris un café. Je me suis dit, je suis pas accro, c'est pas le manque de contrôle de soi, c'est juste que j'ai décidé de boire du café, parce que j'aime ça.

Et alors là il me vient un souvenir d'un pote à moi qui avait justement passé du temps dans le ghetto de la drogue de Vancouver, et puis avait réussi à s'arrêter et était resté sobre pendant deux ou trois ans. Pis un jour il a appelé la mère de ses gosses et il lui a dit « j'ai décidé de me remettre à utiliser, je rentrerai pas à la maison. »

Oh la la ! Mais moi aussi, j'ai décidé de me remettre à utiliser ! Zut alors !

Pendant quatre jours, j'ai bu du café. Je me sentais de plus en plus mal, et plus je me sens mal, plus je bois de café. Alors le jeudi, je n'ai pas bu de café. J'ai racheté une grosse bouteille de Coca. Physiquement, ça allait mieux. Pis quand j'ai eu l'esprit plus clair, je me suis demandé pourquoi il n'y a pas de tartinade au café. Il y a le Nutella, le beurre de peanut, la confiture, le Vegemite, la tartinade à la cannelle, alors pourquoi pas la tartinade au café ? Ça serait pourtant pas difficile.

Heureusement que je suis pas accro, quand même. Moi, je me contrôle.

lundi 26 avril 2010

17 km à pied, ça use, ça use...

Bin oui. Entre les promenades du chien, aller à l'ouvrage à pied, revenir de l'ouvrage à pied, et aller à la banque, à la pharmacie et au supermarché, aujourd'hui j'ai fait 17 km. Et en chaussures de sécurité, en plus, parce que j'avais pas de place dans ma valise pour apporter mes chaussures de marches de Hay River. Alors c'est pas les souliers qui s'usent asteure, c'est mes pieds. Et on remet ça demain... sauf la banque, la pharmacie et le supermarché. Vivement la nouvelle voiture!

mardi 17 novembre 2009

Mon bison et moi

Bon, on n'est que mardi, je suis crevée, et le reste de la semaine on nous annonce un temps dégueulasse et mon équipe travaille dehors. Alors comme je ne risque pas d'être moins fatiguée avant... le printemps, je crois, je vous raconte l'histoire du bison, en bref.

Or donc, vendredi soir, je rentrais chez moi, à Hay River, pour le weekend. Et comme je vous ai déjà dit, la route de Yellowknife à Hay River est très dangereuse, à cause des bisons, comme ce poster explique:


Bin oui, les bisons, c'est noir, surtout vu de derrière, alors de nuit, ils sont presque invisibles. Alors j'en ai vu un tout à coup, juste dans le coin de mon pare-brise, donc très près de moi. Elle allait dans le même sens que moi, donc pas moyen de voir ses yeux, la seule partie du bison qui brille dans le noir. Alors ça m'a un peu prise par surprise, et le deuxième bison encore plus, et elle elle était carrément sur la route, juste devant moi. Alors je pars sur la gauche pour l'éviter et dans la file contraire, il y a deux autres bisons, celles-là de profil. Je continue sur la gauche et là y a le fossé, alors j'ai un peu hésité à me le prendre, et du coup, j'ai pas complètement raté le quatrième bison.

Bon.

Alors pour se faire dépanner dans les TéNOs, c'est toute une histoire, vu que d'abord il n'y a pas le téléphone sur la route. Pas de portable, et pas d'appareils prévus pour appeler à l'aide comme en France. (Enfin comme il y en avait à une époque sur les autoroutes françaises - peut-être que ça n'existe plus.) Donc j'ai du attendre que quelqu'un s'arrête (pas longtemps, heureusement, et il faisait doux, -9°C) et me conduise au prochain village, Behchokò. Par chance, je n'étais qu'à 30 km du village. De là c'est encore 90 km jusqu'à Yellowknife, et 210 km dans l'autre sens jusqu'à Fort Providence, le prochain village sur la route #3.

Behchokò a une dépanneuse 24/7, mais le gars était parti en ville avec sa femme, et se trouvait sur la route, où donc, il ne pouvait pas répondre au téléphone. Et puis sur le retour il a trouvé un autre gars qui avait heurté deux bisons et détruit son pickup, et avait également besoin d'être dépanné. Donc en tout ça a pris quatre heures de récupérer ma voiture du fossé. Et puis, comme vous avez pu voir, il y a des dégâts. $4,000 de dégâts. Mais bon elle roule toujours, et comme les véhicules survivent rarement aux collisions avec les bisons, je ne me plains pas.

En résumé, je vais bien, le chien va bien, le bison... n'est pas morte sur le coup, en tout cas. Il se peut qu'elle soit morte plus tard d'hémorragie interne, mais en tout cas elle a fuit les lieux avec son troupeau, donc j'espère qu'elle se porte bien. Et la voiture, bin, c'est l'assurance qui paye, sauf pour le pare-brise.

Now you know, et je vais me coucher.

lundi 16 novembre 2009

Bon, je vous raconte après-demain

J'ai pas le temps de vous raconter mon "accident" ce soir... J'essayerai de le faire demain. Enfin, le chien, le bison et moi-même nous portons très bien. La voiture a $4,000 de dégâts. Zut alors...

Je vous raconte demain...


mardi 29 septembre 2009

Les nouvelles du 29 septembre 2009

Les nouvelles du jour c'est surtout que je commence à en avoir vraiment marre des cons de Hay River. D'abord, Hay River, sauf pour y promener son chien, c'est nul. Il n'y a rien à faire avec d'autres, pas de spectacles, d'attractions, rien, et les gens sont désagréables, comme on a pu voir sur mon ancien blog, pas seulement bêtes mais d'une méchanceté très acharnée. Donc à part promener le chien, c'est vraiment pas la peine de sortir de chez soi.

Bon, normalement, je m'en fous, parce que je promène le chien et ça me suffit. Sauf que comme il n'arrête pas de pleuvoir depuis cinq mois et qu'en plus maintenant il fait froid, promener le chien commence vraiment à me gonfler. En plus les ordures par terre, déjà les bouteilles, les canettes et les sacs en plastiques c'est nul, après c'était les préservatifs, maintenant y a de plus en plus de tampons et de serviettes hygiéniques, et les balayeurs de la ville ne font pas les pistes et il me semble qu’ils ont arrêté de travailler il y a beau temps, alors tout reste par terre. C'est vraiment dégueulasse.

A part ça, normalement l'avantage de Hay River, c'est qu'il y a du travail. Qui est toujours mal fait, et les employeurs traitent les travailleurs vraiment comme des sous-merdes, mais enfin, il faut vivre, et normalement ici on peut vivre facilement. Sauf qu'avec la Crise, il n'y a plus rien. Même des gars qui travaillent ici depuis des dizaines d'années sont maintenant au chômage. Et comme le gouvernement ne fait absolument rien pour créer des emplois, ça fait des mois que tout le monde est à ne rien faire. On cherche du boulot dans l'Alberta, vu qu'il n'y en a pas chez nous, et pendant quelques semaines ça avait l'air de s'améliorer, mais là, pour le moment je n'ai pas trouvé une seule annonce cette semaine qui vaille la peine de candidater.

Bon, comme j'ai pas de travail, je cherche à faire de la compta, donc je mets une pub dans The Hub, l'hebdomadaire local. Pour quatre semaines. La première semaine, la bonne femme qui s'occupe des pubs m'a changé mon logo et n'a pas jugé nécessaire de m'envoyer une épreuve avant la parution. C'était hideux, j'étais vraiment énervée. Heureusement, elle était en vacances quand c'est paru, donc mon mail demandant qu'on me remette mon logo comme je l'avais produit est abouti à quelqu'un qui a fait un très bon travail et m'a envoyé une épreuve que j'aimais. Sauf que l'autre est revenue de vacances et s'est remise à faire des conneries, donc la deuxième semaine, ma pub n'est pas parue. C'est incroyable ce que ces gens sont nuls. Donc on verra demain s'ils auront réussi à faire leur travail, pour une fois. En attendant, pas de pub, donc pas de travail. D'ailleurs pour le moment la pub ne donne rien vu que personne n'a d'argent pour se payer un truc aussi inutile qu'un comptable.

Pendant ce temps-là, il y a toujours la femme qui me doit $1,100 depuis avril, qui du coup ne me rappelle plus, et qui néanmoins se dit ma meilleure amie. Et comme j'ai déjà dit, quand on habite dans une maison énorme et qu'on a une Ford Mustand, un F350, une TV géante, tout ça, je m'en fous vraiment quelles excuses on pense avoir pour ne pas me payer. Et l'amitié, surtout, ça marche pas comme excuse, surtout vu qu'elle m'a arnaquée... Elle savait très bien qu'elle n'avait pas les moyens de me payer, je lui ai fait 40% en moins vu qu'elle n'aurait pas payé plus de toute façon, et même comme ça elle ne me paie pas. Bitch...

J'ai fait monter mon poster de Gagarine sur plaque (foam backer), vu que d'avoir un poster d'un homme est censé améliorer mon feng shui. Dans l'Alberta j'aurais pu acheter un poster plus grand et déjà monté pour moins de $30, ici il m'ont facturé $50 pour un matériau merdeux comparé à ce que je cherchais.

Puis, j'ai le procès de Greg jeudi matin, mais ça vous vous en foutiez déjà sur l'autre blog, alors je vous raconte pas... N'empêche que comme vous en avez rien à foutre, faut pas s'étonner que moi je ne m'intéresse pas à vous.

Et puis cette semaine, en prime, on a des pannes d'électricité toutes les douze heures à peu près... Et ce matin je me réveille avec en plus pas de chauffage, et ça a pris jusqu'à ce soir avant qu'ils le remettent en marche. Tiens, et puis il n'y a plus de lumière dans un des ascenseurs, bon, je suis pas claustrophobe donc ça ne me dérange pas, mais ça serait vraiment trop demander qu'ils changent une ampoule?

Bon, du coup je suis de super mauvaise humeur, alors je décide de me faire un gâteau au chocolat. Et je le mets au four et il déborde, bon, ça c'est pas grave, mais la pâte qui a débordé non seulement ne brûle pas, mais ne cuit même pas. Tiens, bah ça explique pourquoi ma quiche il y a deux semaines a mis près de deux heures à cuire... L'élément du bas ne marche pas. Et ça c'est la deuxième cuisinière qu'ils m'ont mise, la première le four ne marchait pas du tout. Parce que d'acheter une cuisinière neuve qui marche bien, ça les dérangerait vraiment. Donc mon gâteau, il a pris 1h25, il est brûlé dessus et pas assez cuit au milieu, et j'en ai marre des cons.

lundi 28 septembre 2009

La bibliothèque me déçoit une fois de plus

Je lis les nouvelles canadiennes sur CBC. En anglais. Puis, j’en parle sur mon blog. En anglais. Un jour je me dis, tiens, j’ai un blog francophone, pourquoi ne pas lire les nouvelles en français, comme ça je pourrais en parler en français.

Bon. Trouver le français sur le site de la CBC, c’est pas évident, mais à force de chercher, j’ai cru comprendre qu’il fallait cliquer sur Radio-Canada.

Oui, mais... je clique, et je reçois le message du firewall:

YOUR ACCESS HAS BEEN BLOCKED
This website (http://www.radio-canada.ca/) is categorized as Internet_Radio, and has been blocked in accordance with Internet Usage Guidelines

If you feel this site has been blocked incorrectly, Click Here

Sauf que c’est pas la peine de cliquer ici ni ailleurs; j’ai déjà essayé, ça donne une adresse où on peut écrire, et qui donne sur une boîte qui rejette tout automatiquement.

Bon. Donc apparemment, la bibliothèque trouve que de lire les nouvelles en français, dans une ville où on a une école francophone et donc probablement un ou deux francophones (ou 300, selon le dernier recensement), c’est inacceptable.

Heureusement que c’est gratuit, parce que je voudrais bien exiger un remboursement.

vendredi 25 septembre 2009

Comment se teindre les cheveux en rose


Ça c'est "avant".


Après le décolorant. Ça ne se voit pas vraiment, mais ce que je décolorais là c'est mes racines, parce qu'on peut pas appliquer les teintures "modes" sur les cheveux de couleur. Il faut que ce soit presque blanc.


Après avoir laissé agir 40 minutes pour le décolorant et 60 minutes pour la couleur, sans compter le temps que ça a pris de diviser les cheveux et appliquer la couleur... Ça serait bien plus facile si je pouvais porter mes lunettes et ne pas travailler dans un miroir, mais bon, par rapport aux deux coiffeuses professionnelles a qui j'ai demandé de le faire, c'est super bien réussi.


Ma technique d'autoportrait, par contre, ne s'améliore pas tellement.

lundi 21 septembre 2009

Les nouvelles de la semaine dernière

Je ne l’ai pas raconté avant parce que j’avais des choses à faire, mais le weekend dernier, c’était la foire agricole de Hay River. Ce qui est bizarre vu qu’on n’a pas d’agriculture, mais, bon, on a une foire agricole. Alors je présentais une de mes couvertures au crochet, celle avec le cheval de manège qui m’avait pris si longtemps.

Bon. Au début ça semblait être une bonne idée, et puis à la réflexion, je me suis rendu compte que je risquais d’avoir à parler à des gens, et qu’en plus si je ne gagnais pas, je serais hyper vexée que Hay River puisse produire quelque chose de mieux. Parce que comme vous savez, je ne crois pas énormément au talent des villageois.

Le samedi, donc, je me rends sur les lieux, et je vois que ma couverture a un ruban rouge dessus, c’est à dire que j’ai fait première. Ouais! Génial!

Après ça j’ai fait le tour de la table et en fait il n’y avait qu’une autre couverture présentée, donc j’étais première sur deux. Mais beaucoup de catégories n’avaient qu’un concurrent, alors première sur deux, c’est déjà mieux que première sur un.

Donc voila, la nouvelle du mois: j’ai fait première (sur deux) dans la catégorie “couvertures au crochet” à la foire agricole de Hay River.

Ma fortune est assurément faite.

vendredi 11 septembre 2009

Les nouvelles du 11 septembre 2009

Grande nouvelle: j’ai reçu l’argent de PayPal! Et ça n’a prit que 24 jours. Bande de nuls...

Enfin, bon, j’ai de l’argent. Ou plus exactement, j’ai vu de l’argent passer très rapidement dans ma vie, avant d’arriver dans les poches de mon propriétaire. C’est la vie...

mercredi 9 septembre 2009

La bibliothèque passe à l’heure d’été!

Normalement, les ordinateurs qui opèrent avec Windows passent automatiquement de l’heure d’hiver à l’heure d’été, et vice-versa. Il suffit de choisir la bonne zone, pour que Windows sache que faire.

La bibliothèque, de toute évidence, ne comprend pas ce procédé, donc tous les ordinateurs publics étaient restés à l’heure d’hiver depuis mars. Hier, une des bibliothécaires remarque enfin que les ordinateurs et l’horloge ne sont pas d’accord. Elle décide de croire les ordinateurs, bien que l’horloge soit réglée à la main et qu’on s’en serve tout les jours pour voir... ben, quelle heure il est, de toute évidence. Une grande conversation s’ensuit entre les deux bibliothécaires et quelques clients, pour résoudre ce mystère.

Aujourd’hui, les ordinateurs sont enfin l’heure d’été. Cette ville est vraiment incroyable... et pourtant, la deuxième ville la plus moderne du territoire.

mardi 8 septembre 2009

Et à propos de PayPal

Non, je n’ai toujours pas l’argent de PayPal. Oui, je sais comment PayPal marche. Non, on ne peut rien y faire, vous bien moins que moi. Alors merci, mais vous pouvez arrêter de vous en soucier. Et je n’ai pas besoin de plus d’argent, non plus, encore que ça ne soit pas de refus si vous en avez qui ne vous sert à rien. Ce qu’il me faut ce n’est pas plus d’argent, c’est que l’argent que j’ai se trouve dans mon compte en banque et non dans les poches de PayPal ou de clients fourbes.

dimanche 6 septembre 2009

Les nouvelles du 6 septembre 2009

Il n’y a pas de nouvelles. Je cherche toujours du travail. Je n’ai toujours pas reçu l’argent de PayPal, ni de la cliente qui me doit $1,100. C’est chouette, on me doit plus de $2,300 et je ne peux pas payer le loyer.

D’autre part je n’aime pas qu’on ne se donne pas la peine de m’envoyer un mail pour savoir si je suis bien rentrée, et puis tout à coup quand on se décide à m’écrire, on me harcèle pour que je réponde tout de suite. Si on peut attendre une semaine avant de m’écrire, on peut tout aussi bien attendre une semaine pour que je réponde. Faut pas croire que je me foute moins de vous que vous vous foutez de moi, quand même.

jeudi 3 septembre 2009

Mon numéro de téléphone

Vous êtes plusieurs à me l’avoir demandé et je ne le donne pas, pour la simple raison que je ne veux pas qu’on me téléphone, sauf si on a un emploi à m’offrir. J’ai horreur du téléphone et je ne comprends pas la moitié de ce qu’on me dit, et puis j’ai des heures que je réserve à la communication avec d’autres êtres humains, et d’autres que je réserve à moi-même. Donc le téléphone interrompt mes heures sans humains.

Si vous avez des choses à me dire, et je suis sûre que ça vous arrive de temps à autre, il faut donc me les écrire, comme au bon vieux temps, sauf que comme on n’est pas au bon vieux temps, vous pouvez me les écrire par mail, par Facebook, ou par commentaires sur ce blog. Ou encore par la poste, mais là de France ça met deux semaines.

Donc je répète: mail, Facebook, commentaires sur blog: tant que vous voulez; téléphone: jamais.