mardi 24 mai 2011

Le défi du combat naval

Livre n°? : Castles of Steel par Robert K. Massie, 2003.

Bof.

C'est l'histoire de la Grande Guerre du point de vue de la Marine britannique. Je l'ai lu parce que j'ai à peu près fait le tour des collections historiques de la bibliothèque, et l'ouvrage ne commence toujours pas, donc je n'ai pas de budget livres. On allait partir le 9 mai, et une semaine avant, il est tombé un pied de neige suivi de 30 mm d'eau. Mer-deuh ! Nous voici donc reportés une fois de plus, cette fois-ci pour juin. Bon. Je ne désespère pas, mais en attendant, pas moyen d'acheter beaucoup de livres, donc, il faut bien me contenter de la bibliothèque. Parce que comme je disais tantôt, faute de grives, on mange des merles.

Alors donc, la Marine britannique. On croirait, vu leur légende, que ça serait super bien organisé, invincible, tout marche au quart de tour. « Ship-shape and Bristol fashion », comme disent justement les marins anglais. Bin ça ne l'était pas du tout. Ils ne savaient pas tirer, ils n'arrivaient pas à communiquer d'un bateau à l'autre, ils avaient trop de canons et pas assez de blindage donc ils coulaient très vite, ils avaient enlevé les portes pare-feu des tourettes donc ça explosait à tout bout de champs, en bref, c'était un désastre. Ils ont eu bien de la chance que les allemands crevaient de faim et ont fini par se mutiner.

En plus des problèmes de la flotte, il y avait énormément de politique. On croirait qu'en temps de guerre, ça serait les militaires qui prendraient les décisions, et que les autres se serreraient les coudes pour sauver le pays, tout ça... Pas question ! Au début ils avaient Winston Churchill à l'Amirauté, il ne comprenait rien mais donnait des ordres sur tout et à tout le monde. Il a promu ses gars, à la cote et pas au mérite, il a fait que des âneries, et la flotte en avait complètement marre de ses bêtises. Heureusement quelqu'un a fini par le congédier, mais la priorité du gouvernement a continué comme avant : de faire de la politique. Gagner la guerre, ça les tentait que dans la mesure où ça les aidait politiquement.

Un autre côté désagréable de ce livre c'est de se rendre compte quel gâchis incroyable c'était, cette guerre. En vies humaines, bien sûr, mais ça on le savait déjà, et puis sans vouloir être méchante, les vies humaines ça finit toujours par mourir et il en naît toujours d'autres, donc, c'est triste, mais cent ans après, la population a rebondi. Ce qui ne se reproduit pas, par contre, c'est la quantité incroyable de matières premières qui ont été envoyées par le fond. Le blé et le coton, passe encore, c'est pareil, on en refait. Mais le charbon, le pétrole, le bois et l'acier, c'est bien plus difficile à remplacer. Quand on lit qu'un bateau pesait 23.000 tonnes et brûlait genre 2.000 tonnes de charbon tous les deux jours et qu'en fin de compte il a coulé, et qu'on voit le prix du pétrole et de l'acier de nos jours, c'est écœurant. Et j'entends bien « écœurant », pas le sens québécois du mot qui veut dire plutôt « génial ».

D'autre part, Massie écrit bien, mais il s'enthousiasme pour des choses qui me laissent froide. J'ai sa biographie de Pierre le Grand, il a l'air de le trouver génial alors que moi je pense que c'est encore un de ces dictateurs psychopathes. La biographie de Staline est en fait plus sympathique que celle de Pierre le Grand. Alors pareil avec ces histoires de guerre, il a l'air de trouver ça admirable, héroïque, tout ça, bon, moi je trouve que c'est des gens qui tuent des gens, sans raison particulière, et leur héroïsme est pour rien. Donc, c'est triste.

Je le recommande parce que c'est bien écrit et parce qu'on apprend l'inverse de ce qu'on nous avait raconté à l'école. Par exemple, que le Lusitania était un transport de munitions armé et anglais, alors que j'avais cru comprendre que c'était un bateau de croisière américain. Enfin pour la nationalité, peut-être que si j'avais écouté davantage au cours d'histoire... Mais le coup des munitions, ça je suis sûre qu'on ne nous l'avait pas dit à l'école. Mais bon, c'est intéressant, mais pas très agréable.

3 commentaires:

Abige Muscas a dit…

ne JAMAIS laisser les militaires tout décider, surtout en temps de guerre! on finirait par oublier que les objectifs sont politiques... regarde Hindenburg et Ludendorff, d'un côté, et Clemenceau de l'autre. Et Lincoln, aussi, tant qu'on y est. Et même Staline, hein... Bon, Hitler est un triste contre-exemple, je le reconnais.

Mongoose a dit…

Les objectifs, oui, mais les méthodes, les militaires s'y connaissent bien mieux. Ça n'a aucun sens qu'un politicien envoie un bateau en mer avec un équipage pas entrainé alors que les marins lui disent de ne pas faire ça. Le bateau se fait couler pour rien avec 1,000 personnes à bord, juste parce que les politiciens veulent montrer leur autorité. Apparemment la guerre c'est comme le béton, les chefs veulent prouver qu'ils sont chefs même aux dépends des résultats.

Picard a dit…

Selon le ministère canadien de la Défense, les forces loyales au colonel Kadhafi ont tiré une dizaine de roquettes, le 30 mai, contre la frégate de patrouille polyvalente NCSM Charlottetown, sans pour autant l’atteindre. L’information a été officiellement rendue publique le 3 juin.

« La tentative infructueuse d’attaquer une navire de l’Otan démontre simplement que le régime de Kadhafi essaie désespérément d’avoir un certain impact sur l’affaiblissement méthodique de ses forces » a commenté Jay Paxton, un porte-parole du ministère canadien de la Défense.

En effet, les tirs libyens, depuis un camion lance-roquettes de type BM-21 d’origine soviétique, ne pouvaient pas atteindre le NCSM Charlottetown était donné qu’il était situé au-delà de la portée théorique des projectiles, qui est d’une vingtaine de kilomètres. « Ils n’étaient pas assez près pour faire peur à quiconque ni pour endommager le navire », a affirmé le capitaine Jennifer Stadnyck, du commandement de la Force expéditionnaire du Canada.

Ce n’est pas la première fois que le navire canadien a essuyé des tirs libyens. Ainsi, le 12 mai dernier, il avait été la cible de canons de 22 mm, alors qu’il naviguait au large de Misrata, de conserve avec le HMS Liverpool britannique et la frégate française Le Courbet. Les trois bâtiments avaient alors repoussé une attaque contre le port libyen, aux mains des rebelles, menée par les forces loyalistes avec des embarcations légères.