dimanche 28 avril 2013

K, chuis nulle pour écrire

Alors mon excuse c'est: j'ai trop à faire, je vous écris dès que je peux. Mais en attendant pour ceux qui ne le savent pas, je mets tous mes status de Facebook sur un autre blog: One day I said "I'm moving to Winnipeg". C'est en anglais, mais bon, c'est des status de Facebook, donc c'est pas bein compliqué.

vendredi 12 avril 2013

Et hop, à l'ouvrage!

J'ai enfin commencé à travailler pour de vrai, c’est-à-dire dans l'espace ventes au lieu de regarder des vidéos de formation sur l'ordinateur. Ouais, giga, la joie!

Bon. Ma job c'est l'approvisionnement de la surface de vente. Les camions viennent la nuit, les receveurs les déchargent et reçoivent les palettes, et mon équipe défait les emballages et met les produits sur les rayons. C'est simple.

Alors vous pensez peut-être qu'avec toutes mes compétences, je pourrais peut-être faire un job moins cave que ça.

Bin oui. Mais l'ennui, c'est que parfois, il faut choisir entre une job intéressante et un bon employeur. Celui-ci est un des 100 meilleurs employeurs du Canada. Alors qu'est-ce qui vaut mieux: un travail cave pour un bon employeur, ou un travail intéressant pour un employeur cave? Ça fait quinze ans que je fais la deuxième option, alors je me suis dit que ça serait pas pire d'essayer la première.

Deuxièmement, c'est quand-même toujours La Crise et le BTP n'a toujours pas repris, alors c'est pas la peine de s'énerver. Pis quand je regarde d'autres chercheurs d'emploi et leurs raisons pour refuser des jobs, c'est bizarre, quand-même. "C'est pas ce que j'ai étudié." "C'est pas à ma mesure." "Je mérite mieux." "Ça paye moins que ce que je faisais avant." "C'est pas ma job de rêve." "Ça ne me permet pas de m'exprimer." Ou comme les Nouveaux Démocrates disent, "c'est un tel gâchis de talent de faire travailler quelqu'un qui a des qualifications dans un travail qui n'en demande pas." Du coup j'ai arrêté de payer mes cotisations parce que c'est trop ridicule. Je vois pas comment c'est moins du gâchis de laisser les mêmes gars rester à la maison assis sur leurs mains que de les envoyer travailler desdites mains.

Pareil pour les autres excuses. C'est pas ta job de rêve? Ah bon? Pis chômeur ça l'est plus? Tu t'exprimes mieux au chômage? Ça te paye mieux le chômage que la job? Je comprends mal. Cette idée des Nouveaux Démocrates surtout que les chômeurs devraient pouvoir rester là où ils sont à ne rien faire et attendre que le gouvernement fédéral crée l'emploi qu'ils veulent, là où ils veulent, pour le prix qu'ils veulent, c'est n'importe quoi. On peut pas dire que je sois le plus grand fan de Stephen Harper mais je ne vais quand-même pas le blâmer pour l'économie mondiale. Après six ans, il est peut-être temps de se rendre compte que l'économie s'est ajustée, quoiqu'il arrive les choses ne seront jamais exactement comme avant. Même quand il y aura la Relance, il n'y aura plus les mêmes jobs aux mêmes endroits pour les mêmes prix, pis comme The Economist l'explique au chaque deux semaines, les travailleurs qui ont passé les six dernières années assis sur leurs mains à attendre la Relance, ils auront perdu une partie de leurs compétences et ils ne pourront de toute façon pas demander les mêmes positions et les mêmes salaires qu'avant. Alors que ceux qui ont changé de filière et fait du bon travail même si c'était pas leur rêve, à mon avis ils auront au moins l'avantage d'avoir de bonnes références et d'avoir démontré qu'ils sont adaptables et travailleurs.

Ce que je comprends encore moins, d'ailleurs, c'est quand The Economist me dit que les chômeurs abandonnent l'idée de travailler à force de pas trouver. Ah bon? Mais alors ils font quoi? Moi si j'abandonne l'idée de travailler, tout de suite le loyer n'est pas payé. C'est bizarre quand-même, apparemment c'est mieux vu d'abandonner l'idée de travailler que d'abandonner l'idée de faire uniquement la job qu'on aime.

Bon. Donc tout ça pour dire, je fais un travail un peu cave, parce que c'est moins cave que de ne pas en faire du tout. Mais il y a une autre raison: je n'ai pas envie de louer mon cerveau à un employeur. Si je fais un travail qui me demande de penser, l'employeur paye (pas assez, en général) pour mes pensées, pis le temps que je rentre chez moi, je suis fatiguée de penser. Du coup toutes mes pensées sont vendues à l'employeur. Alors qu'avec cette job facile, l'employeur loue mes mains et mon dos pendant huit heures, mais pas mes pensées. Quand je sors de l'ouvrage, j'ai plein d'heures de cerveau à utiliser. D'ailleurs je peux même penser mes propres pensées pendant les heures de présence et ils n'y voient que du feu. Tant que mes mains mettent les produits sur les rayons, l'employeur ne peut pas se plaindre que je suis en train de penser à la diffusion de la langue proto-indo-européenne. C'est rusé, non?

dimanche 24 mars 2013

La présentation annuelle de la Société d'Orchidées du Manitoba

Comme j'ai déjà dit, un des buts de partir des Ténos c'était de me nourrir le cerveau, parce qu'à force de pas travailler et de voir surtout des gens pas trop futés, je le sentais rétrécir de jour en jour. Alors j'essaye de savoir ce qui se passe ici en ville et de m'y rendre. Là par exemple cette fin de semaine y a quatre concerts qui m'intéressent, mais je vais aller qu'à un d'entre eux: la Passion selon saint Jean. Evidemment. Tiens, j'allais quand-même pas rater ça. (Ouais m'enfin quand même ayant écouté la lecture de la Passion dans Luke ce matin à l'église, je leur en veux un peu de faire leur concert le dimanche des Rameaux. Ça fait un peu long d'écouter la même histoire deux fois en un jour.)

Pis là vendredi je vois un truc dans mon feed de Twitter sur la présentation annuelle de la Société d'Orchidées du Manitoba. Ah bon c'est quand? Cette fin de semaine? Hein? Mais chuis déjà bein prise cette fin de semaine? Pis c'est où? A perpète? Nan c'est pas cool ça... Une heure de bus, hein, euh, hein bah tiens, c'est le bus 18 qu'y va? Oh, ça s'trouve bien ça, j'ai à faire avec le bus 18. C'est d'accord on y va!

Hé, j'peux prendre une photo dans le miroir avant de partir.


Esti ké sale en maudit c'miroir! Maudits roommates qui nettoyent jamais...


C'est mieux.

Bon allez, c'est parti.


J'attends mon bus. Un beau matin de début de printemps à Winnipeg.




Yé, mon bus s'en vient! Le 20 c'est mon âme sœur, y s'arrête juste au coin de ma rue pis y va partout où je veux aller. Sauf qu'il y va à chaque 30 à 45 minutes, mais bon, si jamais je veux pas patienter, y a encore le 43 au même arrêt, le 44 au bout de cette rue-ci, le 45 et le 47 à deux blocs d'icitte, le 11 à trois blocs, pis tant qu'à marcher, en vingt minutes je peux atteindre Main Street et là y a le 15 et le 18 qui vont toutes les 15 minutes. Mais le 20 c'est de loin le plus pratique.


Regardez comme il est beau et moderne le bus. On en a 545 comme ça. Neuf, propre, tout en bon état. La municipalité doit être bein riche. Pis vous pouvez voir au plafond l'affichage du prochain arrêt. Et y a une voix qui l'annonce, en plus. Pas moyen de se perdre.

Là je change de bus à James seize minutes plus tard.


C'est le même arrêt de bus pour la Salle de Concerts. C'est là que je vois le Ballet. Hé, je vous ai pas raconté le ballet! Le 7 mars, je suis allée voir La Belle au Bois Dormant. Je pense que ça faisait depuis 1992 à Moscou que j'avais pas vu de ballet, sauf une fois le Casse-Noisette à Edmonton mais bon, Casse-Noisette, ça compte pas. Enfin donc dès que je me suis décidée à partir de Hay River je me suis acheté un billet pour le ballet. Pis un bien cher, en plus. Vous voulez deviner combien c'est un billet de ballet cher à Winnipeg? €37. Nan je niaise même pas! C't'était trop bien, j'étais au troisième rang. L'année prochaine je me prends un abonnement mais je pense que je vais prendre un siège encore plus cher. Celui au centre du premier rang se vend pour €68,75 par représentation. C'est trop bien! Encore que hein, j'veux pas dire mais pour le Bolchoï, si tu payes $10 tu t'es fait avoir. Pis le Ballet Royal de Winnipeg c'est le meilleur du Canada (bon ça dépend un peu à qui tu demandes, remarque), mais c'est pas non plus le Bolchoï, justement. Parce que là de près on voyait un peu qu'Aurore ramait pas mal ici et là. Genre quand elle doit rester en arabesque en pointe et donner la main successivement à quatre princes, elle arrivait pas du tout à garder l'équilibre sans s'appuyer sur eux, alors chaque fois qu'elle devait en lâcher un elle faisait des grimaces pis elle changeait le plus vite possible de l'un à l'autre. Pis ses grands jetés en tournant manquaient pas mal d'enthousiasme. Et dans son dernier pas de deux avec le prince, elle faut se mettre en arabesque et se pencher très bas car le prince s'agenouille, trois fois de suite. La première fois elle a failli tomber, la deuxième fois encore plus. Quand j'ai vu qu'ils allaient pour le faire une troisième fois je me suis dit c'est sûr, ce coup-ci si elle s'applique pas un peu le gars va pas pouvoir la retenir... bon cette fois-là elle a réussi.

Bon on dirait que je me plains là mais en fait ça me dérange pas de trop, parce que d'abord au Bolchoï t'es toujours trop loin pour voir de quoi, pis ça me plait que c'est un spectacle live avec des vrais êtres humains qui font un truc bein difficile. Les erreurs rendent ça plus vivant.

Alors voilà, c'est l'histoire de moi et La Belle au Bois Dormant. Prochain ballet: Moulin Rouge, début mai.


Pis juste à côté de la Salle de Concerts y a le Musée du Manitoba. J'y suis pas encore allée. D'ailleurs je sais pas encore ce qu'y a dedans. Mais là j'ai trop à faire avec les concerts; je me garde les musées pour quand les spectacles sont en relâche.


Plus loin vers le nord, on aperçoit le Musée Ukrainien. Ça aussi, je vais y aller. Plus tard.


Et vers le sud, celui-là marqué "Crocus Building", c'est mon conservatoire. Et en face du conservatoire, on le voit pas dans la photo, l'Opéra du Manitoba, qui fait Aïda début avril. J'ai eu un billet pour $10 par le conservatoire, et ma prof de chant est dans la chorale de l'opéra. Pis y a aussi Gregory Dahl, le beau gars qui faisait Elijah dans Elijah en février. Tiens, ça non plus je vous ai pas raconté. Bon. Enfin Gregory Dahl, baryton canadien, je pense pas qu'il soit connu en Europe, mais comme il est natif de Winnipeg, ici, il est bein populaire. Pis l'est bel homme, alors, moi j'l'aime bien. Sauf qu'il a une blonde, le maudit cave. Zut alors. Enfin bon. 11 avril, Aïda, ma prof de chant, Gregory Dahl, et que dix piasses. C'est pô pire.

Pis entre l'Opéra et la Salle de Concerts y a le Théatre Pantages. Où il se passe aussi plein de shows. Et dans le Crocus Building y a aussi la compagnie et l'école de danse des Danseurs Contemporains de Winnipeg, mais eux je vais pas à leur prochain show parce qu'il y a de la nudité. Et pendant que j'y suis, si j'étais restée sur le bus 20, quelques minutes plus tard il passe devant les locaux du Ballet Royal, où je vais faire de la danse l'année prochaine. C'est fou, tout ça, non?

Pis aussi, juste au tournant là, tu t'en vas dans le Quartier de l'Echange, un Site National Historique du Canada. En français ça s'appellerait probablement pas "Quartier de l'Echange" mais j'arrive pas à trouver de traduction, alors c'est comme ça que je l'appelle. Alors l'Echange en question c'était d'abord la Halle au Blé de Winnipeg, plus tard la Bourse des Marchandises de Winnipeg, et asteure c'est "ICE". Hein? C'est quoi c'nom d'cave? "Intercontinental Exchange" soit "Bourse Intercontinentale." Ah attends j'comprends tout, c't'un jeu de mots pasque icitte à Winnipeg y a pas mal de glace l'hiver! Haha elle est bien bonne! Nan, n'importe quoi, ça. Alors maintenant si je comprends bien, c'est une maison de compensation et toujours une bourse aux marchandises. Demandez à mon frère si vous y comprenez rien pasque moi j'explique super mal.

Bon enfin bref, au début du vingtième siècle, c'était la Halle au Blé, et Winnipeg était en pleine croissance économique. Comme on est en plein milieu du Canada (haha elle est bien bonne, non mais tu me niaises? Latitude 50 et tu me dis c'est le milieu du pays? Nan c'est le milieu de la partie riche du pays, c'est là l'important), c'est comme la Route de la Soie, tout la richesse passe entre nos mains! Enfin au moins au début du vingtième siècle. Bon mais j'digresse là. Toujours est-il que sur une vingtaine de blocs du centre-ville y a 150 bâtiments d'héritage du début du vingtième siècle. C'est comme ça qu'on dit en anglais, "a heritage building". En français ça serait le patrimoine mais est-ce que ça se dirait, "un bâtiment de patrimoine"? Ça parait bizarre.

Bon tout ça pour dire, quand je sors du conservatoire, je vois un bout de rue avec ces bâtiments d'héritage du Quartier de l'Echange et c'est beau en maudit, j'ai hâte d'aller faire une chasse aux photos au printemps. Et encore le Quartier de l'Echange c'est juste une partie de l'architecture à voir dans Winnipeg.


Hé, v'la mon bus! Pis une femme qui se tassait juste pas de ma photo quoique je fasse. Là en tout ça fait deux minutes que j'attends. Alors le bus 18 il est trop magique parce que c'est le bus gastronomique. Tous les endroits que j'ai repérés comme à essayer, il y va.


Le Frenchway Cafe. Je crois que je l'ai d'abord découvert sur Facebook. Ils ont des belles photos de Paris-Brest mais je ne suis pas sûre que ce soit d'authentiques Paris-Brest, vrai de vrai avec la bonne crème dedans. Mais de toute façon y en avait pas ce matin, j'ai juste petit-déjeuné. Alors ça s'appelle "Frenchway" mais c'est plutôt fusion français-américain, pasqu'en France on mangerait pas des trucs dégueux comme des cinnamon buns. Au moins je l'espère. Alors j'ai commandé des crêpes avec des fraises et de la ganache au chocolat. Ouais des crêpes! Des vraies crêpes. Pasqu'en anglais y a "crepes" c'est des crêpes, et "pancakes" c'est un truc cave qui goûte pas vraiment bon. Alors on m'apporte mes vraies crêpes et elles étaient bonnes mais bein trop petites, en France on les fait quatre fois plus grandes. J'en ai repris, c'était tellement bon. Pis je me lève pour aller payer et une serveuse me voit et me dit "bin vous avez déjà fini?" J'y dit oui. Elle se tourne vers ma serveuse et elle dit "mais tu viens juste d'y apporter l'assiette!" Ma serveuse avait l'air complètement affolée. Elle me dit "alors ça dû être bon?" Ben tiens, j'en aurais repris si c'était mauvais?

Bon donc faut croire que je mange trop vite, apparemment. Bin câlisse chuis seule, j'vais quelque part, pis vous êtes busy en maudit y a des gens qui attendent debout, hein, pourquoi j'resterais assise là pendant des heures?

Quand même c'était bein cher pour si peu de crêpe. Surtout avec le maudit de pourboire énorme que j'y ai donné. C'était pas trop dans mon budget mais bon, c'était bon.

Et hop, me voilà repartie sur mon bus. Comme le Zorro des bus.


Hé, me v'là rendue au Parc d'Assiniboine! Pas trop tôt, quand même.


Domicile de l'Association de Cricket du Manitoba? Génial. Sauf que l'Association de Cricket du Manitoba n'a pas de ligue de femmes ou même mixte alors je leur en veux en maudit. J'avais hâte d'apprendre enfin à jouer au cricket.


J'arrive enfin au jardin d'hiver! Chouette, j'aime ça les jardins de plantes. (Esti chuis cave. Les jardins c'est où y a des plantes, non?) Mais alors attend, sept piasses? Bon d'accord mais je pensais qu'ça serait moins, quand-même.

Et alors à l'intérieur, c'était bein sympa, y avait deux genres de personnes: ceuze avec des appareils-photos, et ceuze sans. Et par là j'entends également ceuze qui prennent des photos avec leur maudit téléphone. Soit tu veux prendre des photos, soit tu veux pas. Le téléphone ça compte pas, esti, si t'étais vraiment photographe tu comprendrais qu't'es à me bloquer la lumière, là.

Alors attends que je t'explique pour les photos. Pour ceux qui me connaissent depuis longtemps, vous savez que je prends des photos depuis que j'ai huit ans. Pis pour les autres, maintenant vous le savez aussi. Alors en 2008 j'avais acheté l'appareil-photo le plus BOSS de tous les temps, le Canon PowerShot S5 IS. Pis deux ans plus tard quand Canon a fait le PowerShot SX30 IS, je me suis précipitée pour l'acheter et j'ai donné l'autre à une amie qu'avait pas de budget pour s'en acheter un. Et bin le SX30 c'est de la marde en tabarnak, et tous les utilisateurs sérieux ont écrit à Canon pour leur suggérer des changements, et quand Canon a fait la génération suivante... bin ils ont rien changé. Donc clairement ça les tente pas de me vendre d'autres caméras dans l'avenir. Alors je me dis là, je pense qu'ils sont à essayer de me pousser à acheter une DSLR. Et bin là PAS QUESTION et tu m'y forceras pas à force de faire des appareils de marde, même pas la peine d'essayer.

Depuis cette affaire, je me demande si je vais abandonner la photographie, parce que c'est bein difficile de faire de quoi avec l'appareil que j'ai, mais j'ai ni l'argent ni le goût d'acheter une DSLR. Maintenant qu'y a aussi les Compact System Cameras, ça me tente plus, mais il y faudrait quand-même $1.900, donc, bof. Alors maintenant que je suis à Winnipeg, soit je vais reprendre le goût de la photographie et ça me poussera peut-être à me décider, soit non. Mais en attendant pour prendre des photos d'orchidées, avec la lumière pas trop bonne et les présentations pas conçues pour être photographiées, je trouve que c'est pas trop réussi. Enfin bon les voici quand-même, vu que vous avez lu si loin pour les voir.



Voilà. Je les ai toutes coupées en hauteur pour que ça marche mieux en slideshow, comme vous voyez. C'est malin! Mais quand même, vous voyez que ça aurait mieux donné s'ils avaient mieux arrangé leurs plantes, pis avec pas l'appareil de marde de Canon. Et aussi là vous échappez au pire. Parce que leur thème cette année c'était "une symphonie d'orchidées" alors y avait quelqu'un qui jouait des pièces classiques, au violon... incroyablement mal. Et en plus, pas une seule était un extrait d'une symphonie. Alors ça c'était un peu navrant.

Mais bon, en tout, j'ai été bien content de ma journée. Il se passe toujours quelque chose à Winnipeg.

mardi 5 mars 2013

L'effet Hay River

Je dois dire que je me suis un peu blessé l'amour-propre depuis que je suis arrivée à Winnipeg. Pour comprendre pourquoi, il faut connaitre ce que j'appelle "l'effet Hay River" bien qu'il ne soit pas limité à Hay River.

A Hay River, et dans le reste des Ténos, et probablement dans d'autres petits bleds paumés du Canada, les gens aiment se dire les uns aux autres qu'ils ont beaucoup de talent. Enfin à leur face, bien sûr, car derrière leur dos, c'est une autre histoire. Mais les gens croient toujours le mieux d'eux-mêmes, alors quand ils s'entendent dire qu'ils sont très forts, ils le croient, pis quand ils entendent dire que quelqu'un a dit qu'ils sont mauvais, ils croient que c'est tout des médisances jalouses. Bertrand Russell l'avait bien dit: "L’ennui dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doutes."

Bon. Alors entre autres talents, les gens de Hay River pensent souvent chanter très bien. Euh... Ah bon? Moi je trouve pas, hein. Pis d'ailleurs ils refusent de chanter ensemble. Chacun se croit soliste. J'ai essayé plusieurs fois de recruter une chorale, il n'y avait pas moyen. D'ailleurs le travail d'équipe ne fait pas vraiment partie de leur culture, mais ça je vous l'expliquerai sur mon blog politique un de ces jours. Pour le moment, disons que Hay River chante très mal et se croit très fort, et c'est en grand partie pour ça que je suis partie. (Nan c'est même vrai ça, les raisons de mon départ, dans l'ordre chronologique de quand j'ai commencé à y penser, c'est 1) l'église luthérienne, 2) la musique, 3) l'économie.)

Alors quand j'étais à Hay River, je me pratiquais chez moi (français canadien "se pratiquer", soit "s'entraîner") dans le Highrise, personne pouvait rien me dire, je me croyais très forte. Pis d'ailleurs par rapport à Hay River, je SUIS très fort en musique vocale classique. Mais je me demandais quand-même, est-ce que je suis vraiment très forte, ou est-ce que j'ai l'effet Hay River et je me rend même pas compte à quel point je suis mauvaise? C'est bien pour ça qu'au bout d'un moment je me suis dit, marre de ces caves qui savent pas chanter, je m'en vais dans le sud pis je vais faire des leçons de chant.

Ah oui.

Alors sitôt arrivée à Winnipeg, je me suis mise aux leçons de chant. Le premier jour, pour que ma professeur de chant voie ce que je peux faire, j'ai chanté O moi babbino caro. J'étais toute contente de moi. Elle me dit "très bien, bravo, c'est une pièce très difficile, tu l'as bien fait." Bin oui, tiens, je te disais bien, que j'étais très forte.

Mais depuis la deuxième leçon, j'ai rien chanté. On ne fait aucun répertoire et même aucune étude technique, gamme, arpège, vocalise... rien. Parce que dès que je commence à chanter les échauffements, elle commence à me corriger. Hausse pas les épaules. Pis hausse pas la poitrine quand tu respires. Pis relâche ta langue pis mets de la tension dans les pommettes pis relâche tes joues pis respire à fond pis chante vers l'avant mais dans l'arrière de la bouche pis plus vertical pis tiens-toi droite pis relax t'es bin trop crispée. Hein?

Pfiou... J'en ai pris des mauvaises habitudes dans le nord. En effet, je ne me tiens pas droite. Pis je chante avec un accent. Pis ceci, et cela, et l'autre chose... Alors entre pratiquer la position et la diction et tout ça, bin on ne chante pas. Hé bin... Je me suis faite prendre à l'effet Hay River. Et moi qui croyais que j'étais bin plus maline qu'eux autres...

samedi 2 mars 2013

L'ordre règne à Winnipeg

Samedi matin. Enfin samedi avant-midi, disons, parce qu'il est presque onze heures. Tout dort dans la maison. Sauf moi et le bébé de la coloc d'en bas qui fait ses dents. Tout dort? Bin oui, parce que les ados sont restés éveillés avec leurs jeux vidéo jusqu'à deux heures du mat...

Attends, pourquoi y-a-tu des ados dans cette maison? J'ai mal compris. La propriétaire m'avait dit que les colocs étaient des jeunes professionnels, instruits et motivés. J'arrive après 37 heures de route et je trouve: une fille de 22 ans avec un bébé de huit mois, et un jeune couple, lui a 19 ans, elle 16. Hein? C'est quoi ce mensonge? Ça va pas chez elle. D'ailleurs j'ai vite compris que la propriétaire a une relation très vague avec la réalité. Donc, me voilà installée dans une maison avec quatre autres personnes, et je représente 39% de l'âge. Entre vous et moi, je suis très, très mécontente de la propriétaire.

Bon, le bon côté, c'est qu'elle n'y est jamais, alors on peut faire un peu ce qu'on veut. Par exemple, s'efforcer d'ouvrir les fenêtres des chambres, qui sont calfatées et peinturées alors que c'est complètement contraire au Code du Bâtiment. Comme je vous disais, entre ma propriétaire et la réalité, ça fait des années qu'elles se parlent plus.

La maison, il faut le dire, est très mignonne. Selon quel jour on demande, elle aurait été construite entre 1920 et 1947. Petit problème: dans ce temps-là, les gens avaient pas tant de choses à brancher. Alors moi j'ai: la lampe de chevet, le dock d'iPod, la télé, le lecteur DVD, le piano, l'imprimante, le sèche-cheveux, l'ordinateur portable, pis j'ai deux prises. Hein? Ah bon. Pis aussi y a qu'une chambre de bain pour nous-autres en haut (moi et les deux ados). La coloc d'en bas a tout dans le basement, donc on ne la voit jamais. Je crois aussi que la structure de la maison commence à faiblir vu qu'y a un dos-d'âne dans la cuisine juste là où la poutre de soutient passe dessous. Alors attends, c'est encore plus marrant: le chum de la propriétaire se dit charpentier lui-même. Hein??? C'est un peu ben pour ça que je pense peut-être pas me remettre à la charpentrie, y a ben trop de caves qui se croient charpentier, qui n'y comprennent que dalle, pis qui le prennent de très haut avec moi faque je suis apprentie et femme alors peu de chance que j'y comprenne autant qu'eux, hein? Comme disais Dilbert, "work would be great if it weren't for the people."

Un autre petit ennui c'est que bon, les vieux quartiers dans les villes canadiennes n'ont pas la meilleur compagnie, pis aussi il y a une installation industrielle dans le lointain qui sent mauvais, alors quand le vent vient de cette direction, c'est pas trop agréable. Mais le nez est supposé s'accoutumer rapidement aux odeurs, donc je pense m'y faire.

Alors parlons de work, justement. Les choses se précisent dans ce domaine. Le 23 janvier, avant même de quitter Hay River, j'avais candidaté pour un poste avec Home Depot. Pour vous-autres de France, Home Depot c'est une chaîne nationale de quincailleries, mais alors pas la quincaillerie du coin. C'est grand, c'est beau, et ils ont tout, du bois d'œuvre à la peinture. Et c'est un des 100 meilleurs employeurs au Canada pour 2011, un des 100 meilleurs dans la catégorie "diversité et inclusion" en 2013. Donc, c'est pas pire. Mais pour se faire embaucher, c'est autre chose. Soumettre son CV et lettre de motivation en ligne, puis faire un test d'aptitude. Entretien téléphonique. Deux entretiens en personne. Vérification des références et du casier judiciaire. Et là, je suis convoquée pour un troisième entretien en personne pour mercredi matin. Je pense que je vais l'avoir, mais en attendant c'est un peu frustrant.

Pour le reste, je fais pas grand-chose, parce que tant que je travaille pas, j'aime pas trop dépenser ma bonne argent. Alors je passe pas mal de temps à regarder des trucs niais sur YouTube. Mais c'est quand-même mieux que le niveau intellectuel à Hay River.

Un de ces jours je vais mettre quelques photos, mais là comme c'est encore l'hiver, je suis pas encore trop sortie en chasse de photos.

jeudi 7 février 2013

Bonjour, Winnipeg!

Bonjour, blog abandonné!

Je suis rendue à Winnipeg depuis mardi dernier, 29 janvier. Mais pour commencer plus ou moins au début, ça m'a pris cinq semaines de faire mes malles, pendant lesquelles semaines j'ai découvert que ma Fnord n'est pas aussi spacieuse que je croyais, et que j'ai accumulé beaucoup de stock en cinq ans dans mon aparte de la tour. J'ai fini par abandonner quelques trucs dont mon sapin de Noël artificiel, bon le sapin c'était pas trop grave, mais comme je suis paresseuse, je n'enlève jamais les décorations, je mets le sapin entier dans la boîte... alors du coup toutes mes décorations de Noël sont parties à la poubelle. Zut alors... J'en avais que j'aimais bien.

Il n'y avait pas non plus de place pour mes plantes, mais ça c'était moins grave parce qu'au dernier moment la gamine d'une amie qui était venue voir si elle voulait les trucs que je n'emportais pas a déraciné mes deux baobabs, qui étaient dormant depuis des mois. Oh la la... C'est mal vu de mettre des baffes aux gosses des amies, mais bon, comme j'avais justement pas de place pour les baobabs, j'ai trouvé que c'était une bonne excuse pour les abandonner. C'est pas bien difficile de faire germer des baobabs, j'en aurai d'autres. Pis la copine a également emporté ma guitare (presque neuve, la guitare, ça m'a fait un peu ièche mais pareil, j'avais pas de place; ce qui est navrant c'est que si je m'en étais rendu compte plus tôt, j'aurais pu la vendre pour de l'argent au lieu de l'abandonner à une amie pauvre).

En plus il faisait un temps atroce, -27C et un vent du nord, mes doigts gelaient dès que je sortais de l'immeuble. Pis une fois que tout a été dans la voiture (enfin tout ce qui tenait), je me suis rendu compte que c'était trop lourd, les pneus arrière avaient l'air un peu aplatis, et bien sûr à 21h30 le dimanche à Hay River, pas moyen de les faire regonfler. Bin tant pis, il faudra que ça tienne au moins jusqu'au matin.

Bon. J'avais prévu de partir à 21h00. J'ai quitté l'immeuble à 21h30, je suis passée au Shell pour prendre de l'essence et du café, et voilà, je suis partie de Hay River. Pas grand-chose d'autre à dire sur ça, en fait. On croirait que j'aurais fait des discours, organisé une soirée d'adieux, un truc comme ça, bin non. Parce que d'abord, si je partais, c'est un peu beaucoup parce que j'en avais trop marre des gens de là et plus rien à leur dire, pis pendant les trois mois que ça m'a pris de me préparer à partir, ils m'ont tellement pompé l'air que j'ai fini par être bien contente de me tasser.

Le truc le plus insupportable, pendant ces trois mois, c'était de loin les gens qui continuaient à ne penser qu'à eux. Fais mes impôts! Intéresse-toi à mes problèmes! Donne-moi de l'argent! Nan mais tu la veux, la baffe? Je pars demain, pour toujours, j'ai 2400 km de route et j'ai pas fini d'emballer, et toi t'insistes à me tenir le crachoir avec des bêtes histoires de TES problèmes? C'est la dernière fois de ta vie que tu me vois et t'es encore à parler de toi? Farme ta yeule et tire-toi de devant moi, j'ai à faire.

Attends, y en a une encore mieux. La femme d'un membre du clergé, qui aime à expliquer en long et en large comment la fois où son mari était en détox, le psychiatre du centre de détox l'avait accusée, elle, d'être incroyablement narcissiste. Ouais. C'est un peu surréel, quand-même, d'écouter quelqu'un se plaindre pendant des heures qu'on l'accuse faussement de narcissisme. M'enfin bon, quand on est chez quelqu'un, faut bien prétendre écouter. Même si j'y étais pour l'étude de Bible et pas pour ses histoires de comment la cure de détox de son mari ce n'est important que parce que ça prouve qu'il la traitait mal. Enfin bon. Chez elle, passe encore. Mais quand elle me voit dans la rue, ce qui arrive souvent dans un bled de cette taille, elle commence à parler (d'elle-même, bien sûr) sans me dire bonjour ni même s'assurer d'avoir mon attention. Je vous disais-t-y pas qu'y en a qui méritent des baffes? Mais bon, le dernier jeudi avant que je m'en aille, je la vois au supermarché, je dis "bonjour, ça va", et elle me dit...

"Oui, ça va, et ton chien?"

Je rêve. Tu me demandes comment va mon chien? Nan mais t'as une fuite de gaz chez toi? C'est incroyable des gens si muffles.

Donc ouais, déjà, rien que pour ça, j'étais pas trop triste de partir, mais en plus, ça c'est su, parce que tout le monde parle de moi, alors les gens me demande "ah bon, tu pars, où ça?" Et quand je dis Winnipeg, ils se mettent tous à m'expliquer que Winnipeg, c'est la grosse dèche.

Hein? Mais tu compares à quoi, là? Parce que tu crois que Hay River, c'est moins la dèche que Winnipeg? Pis t'y as vécu combien de temps, à Winnipeg? "Moi j'y étais un jour y faisait -39 C." Ah bon, UN jour? Farme ta yeule.

Sinon y a "Winnipeg, c'est brutal." Ah bon? Comparé à quoi? Selon McLean's, Winnipeg est la 9ème ville plus dangereuse du Canada. Après Prince George, Victoria, Saskatoon, Red Deer, Regina, Grande Prairie, Kelowna and Fort Mac. Pourtant toutes ces places ont une bonne réputation, sauf peut-être Fort Mac. De plus, le taux de criminalité à Winnipeg est en baisse, alors que dans les Ténos il monte. La déviation de la moyenne canadienne est six fois plus aux Ténos qu'à Winnipeg. Dans les cinq dernières années, il y a eu quatre morts violentes dans ou devant mon immeuble; quatre personnes que je connaissais. Et chaque fois ça prend des heures de faire enlever les cadavres. Une fois j'ai été réveillée à 4h00 par la chute d'un personne du 12ème étage; bin ça a pris ONZE HEURES avant que la gendarmerie enlève son corps. C'est pas brutal, d'avoir un cadavre devant chez toi pendant onze heures?

Pis un autre truc c'est que à Hay River j'ai contribué à mettre deux gars en prison pour un total de 75 jours. J'ai eu deux collocs qui ont fait du temps pas seulement en prison mais au pénitencier. A Hay River, mon voisin vend du crack. D'ailleurs avant de vivre à Hay River, je ne savais pas reconnaitre quelqu'un qui est sous l'influence; maintenant je peux reconnaitre quelle drogue ils prennent. Alors dis-moi encore comment Winnipeg c'est pire que Hay River?

Attends mais c'est pas tout! Ils me demandent "qu'est-ce que tu vas faire, à Winnipeg?" Euh... Hein? Qu'est-ce que je fais à Hay River? Rien. Je dis à un gars, "d'abord, ils ont la meilleure troupe de ballet du Canada", et lui y me dit "ouais mais le ballet, c'est nul, non?" Ah bon? Alors je lui dis "t'as déjà vu ça, toi?" "Nan, mais c'est... mais c'est nul, non?" Ouais bin t'es natif alors je te dis qu'un chose: le ballet, c'est vachement plus difficile que la danse du cercle.

Après y a la bibliothécaire. Elle me demande ce que je vais faire, j'y dis "bin d'abord je vais me trouver une job." Et elle me dit "ah bon?" Bin oui, j'y dis, y a bien plus de jobs à Winnipeg qu'à Hay River. Alors elle me dit... "ah bon tu crois?" Nan, je crois pas, je le sais. Et alors attends, c'est encore meilleur, elle me dit "t'es bin sûre de ça?" Ça va pas chez elle.

Bon. Tout ça pour vous dire, en fin de compte, j'ai été bin contente de partir, pis je me suis pas donné la peine de dire au revoir aux gens. Ceux qui se sont donné la peine de m'inviter, je suis allée prendre un café avec, les autres, tant pis pour eux.

Et hop, je suis partie. Mais bon là ça vient de me prendre super longtemps d'écrire tout ça pis pour le voyage, c'était pas passionnant. On a beau me dire "c'est une aventure", bin ça l'est pas du tout. Vous vous rappelez quand j'ai fait Calgary – Inuvik en Toyota Corolla? Ça c'était une aventure. Hay River – Winnipeg, c'est 2400 km, mais c'est 2400 km qu'y se passe rien. Rien. Mais rien. Bon, y a eu les collines de Whitecourt, avec la Ford surchargée, ça m'inquiétait un peu, mais j'ai un moteur énorme, les 650 kg de cargo n'ont fait aucune différence.

Le gros challenge dans cette affaire c'est la traversée du Saskatchewan, que j'ai faite de nuit. Alors, ça, je vous jure, c'est digne de Felix Baumgartner et la traversée de l'Ile-de-France en RER B. Vous savez peut-être que le Saskatchewan, c'est plat. Comme on dit dans le reste du Canada, au Saskatchewan tu peux regarder ton chien s'enfuir de chez toi pendant trois jours. Mais ce qu'on sait moins c'est qu'en plus les routes n'ont ni réflecteurs, ni panneaux, ni aires de repos, ni... rien. Incroyable. 700 km de route avec RIEN pour attirer l'attention de l'automobiliste et l'aider à rester éveillé. Les pire 700 km de ma vie, de loin.

Bon enfin bref, tout ça pour vous dire que j'ai utilisé mes changement de statut Facebook, envoyés de mon perso (après m'être soigneusement garée selon la loi), pour créer une carte sur laquelle vous pouvez retracer mon parcours, comme ceci:


View Driving to Winnipeg in a larger map

Vous pouvez zoomer pour voir plus de détail et cliquer sur les panonceaux pour lire les messages. Bon, c'est en anglais, parce que je fais pas Facebook bilingue. Pis si y'a des questions j'y répondrai un autre jour parce que là j'avais prévu de me coucher tôt et à force, il est passé minuit. Alors bonne nuit à vous autres de Winnipeg!