lundi 21 février 2011

Le défi du livre part en voyage

J’ai perdu le compte (je sais, il est sur ce blog, mais j’écris chez moi où je n’ai pas l’internet). Quelque part dans la vingtaine, j’ai lu : Rick Steves’ Scandinavia par Rick Steves (si !), 2009, et DK Eyewitness Travel : Norway par Snorre Evensberget et al., 2010.

Je n’ai pas l’intention d’aller en Scandinavie. J’en ai envie depuis au moins vingt ans, mais je n’en ai pas les moyens, donc pas l’intention. Mais de temps en temps je me dis « la prochaine fois que je vais en France, je pourrais faire un saut en Scandinavie, ça ne serait pas beaucoup plus cher. » Et puis comme je ne vais jamais en France (puisque je n’en ai pas les moyens), ça ne m’engage à rien de le dire. Cependant, chaque fois que je me dis « la prochaine fois que... », je regarde les prix des billets d’avion, et je vois que c’est pas beaucoup plus cher de faire Calgary – Paris – Stockholm – Calgary que juste Calgary – Paris retour.

Bon. Et puis si je passe par Stockholm, c’est pas tellement plus cher d’aller faire un saut à Oslo, le train ne coûte presque rien.

Bon. Et puis c’est moins cher de reprendre le train sur Stockholm que de prendre l’avion depuis Oslo, et tant qu’à faire quand t’es de retour à Oslo ça serait dommage de pas prendre le bateau de nuit jusqu’à Helsinki, c’est pas cher.

Bon. D’ailleurs d’Helsinki c’est plus très loin de Riga, et ma grand-mère était lettonne, alors ça serait bête de pas y aller, et c’est pas cher du tout depuis Helsinki.

Bon. Pis de Riga à Moscou... Ah, tiens, non, de Riga à Moscou c’est super cher. Et là inévitablement je fais l’addition et je trouve que Hay River – Calgary – Paris – Stockholm – Oslo – Stockholm – Helsinki – Riga – Stockholm – Calgary – Hay River, ça coûte une fortune, même si rien ne coûte cher séparément.

Après je pense à autre chose.

Donc là, je n’y pensais pas, et je lisais un autre truc qui n’a rien à voir, mais dont le prologue commence par quatre pages sur les Iles Féroé. Keskeucé ? Un endroit perdu au milieu de nulle part, où il y a des oiseaux ? Ça paraît tout à fait mon truc, ça. Sauf qu’apparemment elles appartiennent au Danemark, et je suis montée contre les danois à cause de mon connard d’ex-patron à Yellowknife, qui en est, j’espère, un très mauvais exemple.

Enfin donc, puisqu’on me dit que c’est un bon endroit pour les oiseaux, ça m’intéresserait d’y aller. Alors je cherche sur Google et je trouve que ça a l’air sympa, et chose bizarre, il y a un vol direct de Toronto. Euh... Ah bon ? Vol direct de Toronto à Vagar ? Etrange. Mais ça doit même être une route populaire, parce que c’est pas cher. Bizarrement, en fait, Calgary – Vagar – Paris – Calgary c’est à peine plus cher que Calgary – Paris retour. Et même Calgary – Vagar – Stockholm – Paris – Calgary, c’est pas tellement plus cher. Et puis de Stockholm ça coûte pas cher de faire un saut à Oslo. Et d’Oslo...

Ah, tiens, ça je l’avais déjà dit.

Bon. Puisque j’étais déjà à la bibliothèque (c’est là que j’utilise l’internet), je suis allée voir la section « guides de voyage », et ils n’avaient pas « Iles Féroé », donc j’ai pris Rick Steves’ Scandinavia. Sauf qu’en fait ça devrait s’appeler Rick Steve’s Copenhagen, Oslo, Stockholm, Helsinki and Tallinn, parce qu’il ne parle que de ça. Apparemment il n’aime que les grandes villes. Ayant visité un parc national en Lituanie, il en dit que « la nature est très pure mais il n’y a pas de commerces et peu d’habitants ; c’est plate. » Bin tiens, t’es malin, toi, pourquoi y’aurait-il des commerces dans un parc national ?

En plus de ça, Rick Steves ne s’intéresse qu’à une chose dans les grandes villes : faire la même chose que tout le monde. Donc les galleries de peintures, les musées de « comment vivent rois et les gars bien plus riches que toi », le shopping et les clubs. Le reste, pas trop. Et justement moi ce qui m’intéresse c’est tout le reste : la nature sans commerce et habitants, l’industrie, l’ouvrage d’art, et évidemment l’exploration polaire. Parce que c’est quand même la Scandinavie, donc le nord. Donc ayant lu tout Rick Steves (sauf le chapitre sur le Danemark, parce qu’il n’y parle pas des Iles Féroé et le reste j’ai pas envie, voir plus haut), j’ai eu plus tellement envie d’y aller. A le lire, ça paraît bien plate, la Scandinavie. D’ailleurs il propose un itinéraire de « la Scandinavie en trois semaines », alors pour visiter cinq pays en trois semaines, il faut croire qu’il n’y a vraiment rien à y voir.

Retour à la bibliothèque, j’ai raflé tout ce qui restait de leur collection sur la Scandinavie, soit DK Eyewitness Travel : Norway et DK Eyewitness Travel : Sweden.

Bon.

Premier problème des guides DK : toutes les cartes sont sur deux pages, donc à cheval sur la reliure, donc illisibles. Deuxièmement, les cartes sont en couleur, pas comme une carte de route mais plutôt comme un dessin, donc, encore moins lisible. Troisièmement, les trucs importants, par exemple les lignes de trains, sont presque invisibles, et les trucs pas importants, comme les routes secondaires, sont énormes. C’est malin... Je me doute bien qu’il y a des routes, puisqu’il y a des voitures. Si j’y allais en voiture, je m’achèterais la carte Michelin quand j’y arrive, j’ai pas besoin de le savoir d’ici au Canada. Par contre si je veux pas louer de voiture, j’ai besoin de savoir où il y a des trains avant d’y aller, sinon je sais pas où je peux aller. Et quatrièmement, pour les cartes vraiment importantes, ils y mettent en plus des dessins comme dans les livres d’école primaire. Genre sur la carte du Svalbard, il y a un motoneigiste et un traîneau à chiens. Maudit cave, je m’en moque, qu’il y ait des motoneiges au Svalbard, moi je veux savoir où il y a des auberges de jeunesse, des bus, et des oiseaux.

Truc intéressant à noter sur le Svalbard, quand même : il y a également un dessin de gars tirant leurs propres traîneaux. Les scandinaves font ça, même pour s’amuser. Les anglais aussi, plus pour conquérir le monde que pour s’amuser. Les canadiens, par contre, pas question. Je n’ai jamais vu, parlé avec, ou même entendu parler d’un gars qui aurait parlé à un gars qui aurait tiré son propre traîneau au Canada. Quand les gens veulent se sentir nordique, ici, c’est la motoneige ou les chiens, sinon pas question.

Bon. Donc les cartes de DK me déplaisent. Le texte aussi, d’ailleurs. Il est tout petit et non-linéaire. Il y en a un peu partout sur la page, sans ordre particulier, avec des références à des numéros sur la carte qui n’ont aucun sens. Moi quand je mets des numéros sur une carte, j’y vais de gauche à droite et de haut en bas, comme ça je m’y retrouve. Eux-autres, si j’ai bien compris, ils mettent les trucs en ordre alphabétique, les numérotent dans cet ordre, et rapportent les numéros à la carte. C’était peut-être pratique pour l’auteur, mais pour s’y retrouver sur leurs cartes, nettement moins.

Et puis dans ce guide, on ne donne ni les heures d’ouverture, ni les prix, ni les horaires ou les routes des bus et trains, ni comment aller de A à B. Impossible donc de faire un plan ou un budget.

A part les cartes et le texte, la seul chose qui cloche c’est les images. Parce qu’il y en a beaucoup trop. D’accord, ça s’appelle « Eyewitness », mais bon, est-il nécessaire d’en mettre autant ? Ça coûte cher, ça m’apprend rien, et ça prend de la place où on aurait pu mettre des informations. Et encore, si c’était des trucs que je ne pourrais jamais m’imaginer sans les voir, passe encore ; mais une photo d’un ours polaire, d’un coquelicot, ou d’un goéland ? J’ai pas besoin d’un guide de voyage pour m’imaginer un ours polaire et un goéland ; par contre j’aurais aimé que le guide m’explique comment aller voir l’ours et le goéland, parce que là j’en sais pas plus qu’avant. D’ailleurs si on me met assez d’images, j’ai même plus besoin d’y aller du tout, puisque j’ai déjà vu toutes les images.

Enfin à force de m’esquinter les yeux à lire le texte minuscule, j’ai réussi à identifier beaucoup de choses que je voudrais voir, et en plus j’ai découvert que ce guide donne souvent les sites internet des villes, donc à force de cliquer et de Google, on peut quand-même finir par obtenir des renseignements.

Donc ces deux guides ont chacun sa place : DK Eyewitness te donne des idées mais pas d’information pour les réaliser, et Rick Steves te donne tous les renseignements qu’il te faut pour réaliser SES idées. Je ne recommande ni l’un ni l’autre, car il doit bien y avoir mieux ; mais avec un peu d’acharnement, on peut extrapoler les deux et arriver à s’organiser un voyage agréable.

Sauf que bien évidemment, le temps que je finisse le bouquin sur la Norvège, à force d’aller « juste un peu plus loin » parce que ça serait dommage de pas y aller pendant que j’y suis, le voyage théorique faisait déjà plus de deux semaines et 1700 piastres, et puis ça m’avait pris trois jours. Bon, je suis en vacances / arrêt de travail / trêve d’hiver / chômage, mais trois jours sur un voyage que je ne compte pas faire, c’est assez. Donc j’ai fini par ne pas lire le bouquin sur la Suède ; je le garde pour la prochaine fois que je me dis « la prochaine fois... ».

2 commentaires:

Picard a dit…

Chouette post ; à moi aussi, ça me plairait bien de grenouiller en Scandinavie. Et aussi au Groënland, en Alaska quand la race maudite des Palin sera éteinte, et en... Mongolie, ce qui n'a rien à voir.
Bref, si on disait que dans les dix prochaines années, on se trouve un moment pour aller zoner là-bas ?

Mongoose a dit…

C'est d'accord. Toi tu te trouves le temps, moi je me trouve l'argent, et c'est parti.