mercredi 21 décembre 2011

Une année perdue

Vous avez pu remarquer que je n'écris pas beaucoup ces temps-ci. D'un côté, je n'ai pas grand-chose à dire. Les handicappés sont des gens charmants, surtout les petits autistes, mais tout est confidentiel. D'un autre côté, mon temps libre est très fragmenté, et je me couche tôt à cause du manque de lumière, alors je n'ai pas trop de temps pour écrire. Et troisièmement, je dois dire que je trouve ma vie un peu déprimante.

A 5h00 demain matin, ça fera un an que je suis rentrée de Calgary après avoir fait 97% en 1ère de charpenterie. Et à 22h00, ça fera un an que je me suis cassé le poignet. Le poignet gauche, j'entends. Le poignet droit, c'était le 10 avril. On m'a dit que ça pourrait prendre deux ans pour se remettre complètement, et en effet, ça fait encore mal quand le temps change. Donc c'est peut-être aussi bien que je ne me sois pas remise à l'ouvrage tout de suite. Mais si je ne m'étais pas blessée, ça n'aurait rien changé, car sans l'argent que me devais mon ex-patron, je n'avais pas les moyens de me rendre dans le sud pour chercher du travail.

Bon. En mars, j'ai eu l'offre de Rocanville, donc il ne paraissait plus nécessaire de chercher. Quand j'ai enfin reçu mon argent en juillet, je ne suis donc pas allée chercher du travail. J'aurais mieux fait, comme la suite l'a montré, mais je ne pouvais pas le savoir à l'époque, et il pleuvait encore.

En août, mes prestations d'assurance-emploi se sont terminées, et j'ai commencé à conduire les handicapés, grâce à l'intervention du prêtre catholique, qui aime se rendre utile, alors que les anglicans se sont contentés de prier pour que Dieu me trouve du travail. (D'ailleurs les anglicans sont convaincus que Dieu m'a trouvé ce job en réponse à leurs prières. Mais là n'est pas la question.)

Bon. J'aime bien les handicapés, et je n'aime pas le BTP en hiver, donc je me suis dit, c'est pas pire.

Ouiche.

L'ennui, c'est que je m'ennuie. Le BTP me manque. C'est ludique, c'est bien plus difficile (et bien plus lucratif) que la navette, je faisais beaucoup de progrès, et puis les gars me manquent. Je ne suis pas sexiste par principe ; les gars m'amusent simplement plus que les filles, en général. Avec les filles, il faut qu'elles soient intelligentes pour que leur conversation m'intéresse, alors qu'avec les gars, même s'ils sont vraiment pas malins, on trouve toujours quelque chose à discuter. En plus dans mon emploi, je ne peux pas sacrer, alors que j'adore ça. Et on ne joue jamais à « marry boff kill ».

Mais ce n'est pas ce qu'il y a de pire. Si ce n'était que ça, je retournerais travailler au printemps. L'ennui, en fait, c'est que mon job avec les handicapés est confortable. Les heures sont courtes, c'est pas fatiguant, je suis chez moi tous les soirs, j'ai le temps d'avoir des loisirs, et bien que ça ne rapporte pas énormément, je n'ai pas non plus à dépenser beaucoup, alors que dans le BTP il faut toujours plus d'outils, de vêtements, de bottes, de gants, sans compter le coût de voyager entre chez moi et l'ouvrage. Pis dans le BTP on travaille des heures variables et on ne sait jamais quand un projet va s'achever et quand le prochain commencera. Donc il est bien plus facile de faire un budget avec ce job-ci qu'avec le BTP.

Donc l'ennui, en fait, c'est le dilemme. Retourner travailler au printemps, ou continuer à glander à la maison ? C'est pas urgent, bien sûr, mais ça me ronge un peu. En attendant, ça me déprime de ne rien faire pendant tout ce temps alors que j'aurais dû avoir fini ma deuxième année. Et comme j'ai déjà dit, l'ouvrage me manque.

Donc voilà, vous savez tout.

Aucun commentaire: